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22/12/2015 08:29 EST | Actualisé 22/12/2016 05:12 EST

Hydro-Québec compensera les promoteurs de six projets de minicentrales

Radio-Canada

La remise en branle de six projets de minicentrales qui avaient été annulés entraînera des coûts additionnels pour Hydro-Québec. Radio-Canada a appris que les promoteurs verront leurs tarifs indexés pour la période durant laquelle les projets ont été annulés, ce qui représentera à terme des centaines de milliers de dollars de plus pour la société d'État chaque année.

Un texte de Hugo Lavallée

C'est un projet que le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, caresse depuis des années : construire une minicentrale aux abords de la rivière Manouane, en partenariat avec la communauté atikamekw de Wemotaci, ce qui rapportera à la municipalité et à la communauté respectivement 2 millions de dollars par année.

«C'est un beau projet structurant pour les deux communautés qui va nous apporter de l'argent neuf, [pour lequel] on ne dépendra pas de Québec», fait-il valoir.

Le projet du maire a toutefois failli être relégué aux oubliettes en 2013, lorsque le gouvernement du Parti québécois a annulé six projets de minicentrales. Même si les libéraux, après avoir repris le pouvoir, ont remis en place ces projets l'année suivante, Normand Beaudoin estime avoir perdu beaucoup d'argent.

«Un projet comme ça, après presque deux ans d'attente, [il] faut se remettre à niveau dans nos études. Alors, il a fallu refaire les études, pas en entier par contre, mais quand même, [ça] a engendré des coûts supplémentaires. Et surtout, chaque jour ou chaque mois qu'on retarde, ou chaque année, ce sont des revenus de moins qu'on a, à l'heure actuelle, dans la ville. Là, le projet serait presque à terme, presque prêt à être en opération, et là, on est encore après finaliser nos études», explique le maire Beaudoin.

Pression des promoteurs

Des lettres obtenues en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics montrent que plusieurs des promoteurs de minicentrales ont fait pression sur le gouvernement pour être dédommagés. Québec a finalement accepté d'indexer le tarif versé aux producteurs pour la période durant laquelle les projets ont été annulés.

Par exemple, si les opérations de la nouvelle minicentrale à La Tuque avaient débuté comme prévu en 2014, la Ville aurait reçu 8,4 ¢ du kilowattheure. Hydro-Québec devra maintenant payer 8,6 ¢ du kilowattheure, et ce, même si les prix auxquels la société d'État pourra vendre cette électricité demeurent stables.

Les promoteurs des autres projets de minicentrales verront leurs tarifs indexés de façon semblable. Pour la Ville de La Tuque, par exemple, cette indexation représentera entre 100 000 $ et 200 000 $ de plus par année, selon la production de la centrale.

«C'est un petit baume, un peu, mais c'est minimal, considérant [ce] qu'on a perdu», insiste Normand Beaudoin.

À Shannon, dans la région de Québec, où on caresse aussi un projet de minicentrale, l'indexation est bienvenue, même si on la juge à peine suffisante.

«On n'a pas réellement calculé la perte qu'on peut avoir avec le retard comme ça, mais l'indexation va nous aider un petit peu. On n'a pas calculé à la cent, mais ça va nous aider à payer les dépenses un petit peu», explique le maire de Shannon, Clive Kiley.

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, admet que le gouvernement devra débourser plus que prévu, mais il affirme que le statu quo aurait été encore plus coûteux. «Ces coûts-là sont infiniment moindres que si on avait laissé traîner les choses; il y avait des problèmes très pratiques et je peux vous dire également qu'il y avait des poursuites.»

Au-delà des projets déjà en cours, on ignore encore quel avenir le gouvernement réservera au programme des minicentrales. Des promoteurs ont d'autres projets à faire valoir, mais il faudra attendre le dépôt de la nouvelle politique énergétique pour savoir si ces derniers verront le jour.