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22/12/2015 07:01 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

France: décès de "Madame Claude", célèbre tenancière d'un réseau de prostitution de luxe des années 1960

"Madame Claude", Fernande Grudet de son vrai nom, célèbre tenancière française d'un réseau de prostitution de luxe dans les années 1960-1970, est décédée samedi à 92 ans, selon son acte de décès consulté mardi par l'AFP.

Fernande Grudet est morte à Nice (sud-est) où elle était hospitalisée depuis environ deux ans, a précisé l'un de ses proches à l'AFP. "Elle était très fatiguée", a ajouté ce proche souhaitant garder l'anonymat. Elle vivait à Nice depuis une quinzaine d'années.

Cette femme proxénète aux allures de grande bourgeoise a régné pendant une vingtaine d'années sur un réseau de 500 femmes et une poignée de garçons qui se vendaient pour 10.000 ou 15.000 francs la nuit (1.500 à 2.300 euros) en lui laissant une commission de 30%.

Son credo? Rendre "le vice joli" avec des filles qui n'ont pas l'air de prostituées et des clients dans les plus hautes sphères - hommes politiques et chefs d'État français et étrangers, comme le Chah d'Iran ou John F. Kennedy, célébrités du cinéma, hommes d'affaires comme le patron de Fiat Giovanni Agnelli.

En échange des confidences recueillies sur l'oreiller par les filles de "Madame Claude", celle-ci s'assure les meilleures protections, celle de la Brigade mondaine et celle du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE).

Mais l'arrivée de Valéry Giscard d'Estaing au pouvoir et le renforcement de la lutte contre le proxénétisme au milieu des années 1970 sonnent la fin de ses protections au plus haut niveau. Madame Claude, malgré une fuite aux États-Unis, sera condamnée et incarcérée plusieurs fois, jusque dans les années 1990, après avoir monté un nouveau réseau.

Son décès survient alors que le Parlement français débat d'une proposition de loi socialiste visant à renforcer la lutte contre la prostitution.

Après l'Assemblée en juin, le Sénat, à majorité de droite, a adopté mi-octobre le texte mais en supprimant la pénalisation des clients de prostitués.

Il a en revanche donné son feu vert à la suppression du délit de racolage passif, institué en 2003 par le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, dénoncé depuis par toutes les associations sur le terrain, et perçu par les socialistes comme "inutile et inutilement stigmatisant" pour les prostituées.

Outre l'interdiction de l'achat d'actes sexuels, qui sera sanctionné d'une contravention de 1.500 euros, la proposition de loi prévoit la création d'un parcours de sortie de la prostitution, des mesures d'accompagnement social ainsi qu'une politique de prévention auprès des jeunes.

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