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22/12/2015 09:43 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Ban Ki-moon préoccupé par la crise politique en Haïti

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon est "préoccupé par l'incertitude politique croissante en Haïti", au lendemain de l'annonce du report des élections prévues dimanche, selon son porte-parole mardi.

Ban Ki-moon "exhorte les deux candidats inscrits au deuxième tour de l'élection présidentielle à coopérer de bonne foi avec les institutions concernées afin d'identifier et appliquer des mesures visant à faire avancer le processus".

Lors du premier tour du scrutin présidentiel du 25 octobre, le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% à Jude Célestin, mais ces chiffres sont contestés.

L'opposition haïtienne dénonce depuis plusieurs semaines des fraudes massives au profit de Jovenel Moïse. Son adversaire Jude Célestin a refusé de faire campagne avant la création d'une commission indépendante pour enquêter sur ces accusations.

En réponse à ces revendications, le président Michel Martelly avait décrété le 17 décembre la création d'une "commission d'évaluation électorale". Dans l'attente des recommandations de cette commission, le Conseil électoral provisoire (CEP) a donc annoncé lundi le report sine die des scrutins présidentiel et législatifs prévus le 27 décembre.

Devant une telle impasse, l'ONU appelle mardi "à une intensification immédiate du dialogue en vue d'assurer le transfert du pouvoir par des élections dans les délais constitutionnels, afin de maintenir la stabilité et préserver les gains démocratiques du pays".

Si Jude Célestin a salué lundi soir l'annonce du report des élections, le candidat de l'opposition réclame toujours "la création d'une vraie commission d'évaluation comme réclamée par la population et toutes les organisations de la société civile, avec bien sûr l'implication d'institutions crédibles pour que la vérité luise".

Car la commission créée par décret présidentiel ne satisfait en effet pas les exigences de neutralité et d'indépendance formulées par l'opposition.

Le délai imparti pour la tenue des scrutins législatifs et présidentiel est très limité: selon la Constitution, la rentrée parlementaire est prévue le 11 janvier et la passation de pouvoir entre Michel Martelly et son successeur doit se tenir le 7 février.

Depuis la fin de la dictature des Duvalier en 1986, Haïti connaît une crise démocratique émaillée de coups d'Etat et d'élections contestées qui fragilisent le développement économique du pays encore marqué par le terrible séisme de janvier 2010, qui avait fait plus de 200.000 morts.

amb/bdx