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22/12/2015 12:42 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Amnistie internationale demande la tenue d'une enquête au Burundi

BUJUMBURA, Burundi — Amnistie internationale estime que des experts indépendants devraient enquêter sur les forces de sécurité burundaises au sujet d'apparentes violations des droits de l'Homme, incluant des exécutions extrajudiciaires, des viols et du pillage liés à la prolongation du mandat du président Pierre Nkurunziza.

Le groupe a demandé mardi la tenue d'une enquête, au moment où les forces de sécurités du pays ont rejeté le plan de l'Union africaine visant à déployer des Casques bleus au Burundi afin de prévenir l'escalade de violences.

Les tactiques des forces de sécurité en réponse à une attaque armée contre trois installations militaires, le 11 décembre dernier, ont été beaucoup plus violentes que les opérations précédentes, a déclaré la directrice régionale d'Amnistie internationale, Muthoni Wanyeki.

Des hommes avaient alors été sortis de leur domicile et tués à bout portant, tandis que d'autres étaient assassinés par balle dès qu'ils ouvraient leur porte, a-t-elle ajouté.

Le 11 décembre, un groupe non identifié a attaqué trois installations militaires. Les forces de sécurité du Burundi ont répliqué dans les secteurs de la capitale, Bujumbura, perçus comme étant les centres de l'opposition. Au total, 87 personnes ont perdu la vie.

Selon Amnistie, la majorité des personnes tuées étaient des résidants de Musaga, Mutakura, Nyakabiga, Ngagara, Cibitoke et Jabe, tous des districts principalement habités par la minorité tutsie.

Le gouvernement burundais a nié toute forme d'abus, affirmant que ses troupes avaient agi de manière professionnelle.

Le Burundi est aux prises avec des violences depuis l'annonce du parti au pouvoir, en avril, indiquant que le président Nkurunziza briguerait un troisième mandat. L'annonce a provoqué des manifestations dans les rues, puis un coup d'État raté en mai. M. Nkurunziza a été réélu en juillet, mais les violences n'ont fait qu'escalader depuis. Plusieurs Burundais et la communauté internationale maintiennent que le mandat prolongé du président enfreint la limite de deux mandats imposée par la constitution.