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22/12/2015 16:41 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Amnistie accuse la Russie d'utiliser des munitions à fragmentation en Syrie

BEYROUTH — Amnistie internationale a accusé la Russie d'utiliser des munitions à fragmentation et des bombes non guidées dans des zones civiles de la Syrie et ces attaques auraient tué des centaines de personnes dans les derniers mois.

Le rapport de l'organisme international affirme qu'on rapporte de plus en plus la présence de munitions à fragmentation qui sont larguées dans des régions ciblées par la Russie depuis l'entrée formelle de Moscou dans le conflit, le 30 septembre dernier.

Les munitions à fragmentation sont par nature «aveugles» et elles laissent souvent des éclats au sol qui risquent d'exploser plus tard. Elles peuvent blesser ou tuer des civils bien après la fin des hostilités.

L'enquête d'Amnistie fait état de six attaques dans les provinces de Homs, Idlib et Alep entre le mois de septembre et de novembre, qui auraient coûté la vie à au moins 200 civils.

L'organisme dénonce le «manquement honteux» de la Russie à reconnaître la mort des civils.

Selon le rapport, certaines frappes aériennes de la Russie semblent avoir attaqué directement des civils dans des quartiers résidentiels et même des hôpitaux, où il n'y avait pas clairement de cible militaire.

«De telles attaques pourraient équivaloir à des crimes de guerre», a souligné Philip Luther, directeur du programme d'Amnistie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Ce rapport fait suite à des allégations semblables formulées par le Human Rights Watch, la semaine dernière. Selon l'organisme de New York, des munitions à fragmentation ont été utilisées à au moins 20 occasions depuis le début de l'offensive russe.

Moscou a toujours réfuté ces accusations. Les résidants et militants de la région reconnaissent qu'ils ne peuvent pas déterminer s'il s'agit d'attaques de la Russie ou du gouvernement syrien.

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a assuré que la Russie respectait le droit international — qui interdit ce genre de munitions — dans le cadre de son opération.

Les tirs visent seulement le groupe armé État islamique et d'autres «terroristes», a-t-il martelé. Des représentants occidentaux et des rebelles syriens affirment cependant que la plupart des frappes sont concentrées au centre et au nord de la Syrie, où le groupe ÉI n'a pas une présence importante.