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17/12/2015 06:11 EST | Actualisé 17/12/2015 11:10 EST

«Ruptures» à Radio-Canada: bien plus qu'une controverse (VIDÉO/PHOTOS)

Ruptures - 13 janvier dès 21h

Melissa Desormeaux-Poulin vous présente son personnage de la nouvelle série Ruptures!

Publié par ICI Radio-Canada Télé sur 16 décembre 2015

Résumons simplement : le niveau de qualité de la série Ruptures est encore plus élevé que la quantité d’encre que le projet a fait couler, cet automne. Ce qui n’est pas peu dire.

On découvrira, dès le mercredi 13 janvier à 21 h à Radio-Canada, une fiction qui s’annonce, dès les deux premiers épisodes, enlevante et palpitante, peuplée de personnages forts, qui nous fera traverser toute une gamme d’émotions. Comme quoi, parfois, même si ça brasse en coulisses, le résultat peut quand même être exceptionnel. Parlez-en aux équipes de 19-2

Contre Les beaux malaises de TVA, la partie ne sera pas facile, mais espérons que les téléspectateurs seront au rendez-vous et dissiperont l’espèce d’aura de malheur qui semble coller à Ruptures depuis quelques mois.

Car après le débrayage hyper-médiatisé des techniciens, qui a paralysé le plateau de tournage le 4 septembre dernier, et le décès du cantinier Carl Shunamon – qui, finalement, n’était pas lié à ses conditions de travail -, c’est le visionnement de presse de l’émission, mercredi matin, qui a dû être interrompu en raison d’un bête problème technique. Une première en 25 ans de carrière pour Fabienne Larouche, a clamé la productrice. Mais les journalistes ont quand même pu regarder les deux premières heures de Ruptures sur le web.

Galerie photoRuptures Voyez les images


Et heureusement, puisque la presse peut maintenant porter la bonne nouvelle et dire à quel point Ruptures est un produit intéressant. Et, au final, qu’importe : les troupes de Ruptures, à savoir les producteurs, Fabienne Larouche et Michel Trudeau, les auteurs, Isabelle Pelletier et Daniel Thibault – Luc Dionne s’est aussi ajouté au duo en cours d’écriture -, la réalisatrice, Mariloup Wolfe, et la tête d’affiche principale, Mélissa Désormeaux-Poulin, semblaient s’entendre comme larrons en foire, mercredi. Radio-Canada a déjà commandé une deuxième saison de Ruptures – que Mariloup Wolfe ne réalisera pas, nous y reviendrons plus loin -, et tout le monde est actuellement en quête de solutions et regarde vers l’avenir avec optimisme.

Rappelons que les intrigues de Ruptures sont librement inspirées de cas vécus par l’avocate Suzanne Pringle, une amie proche de Fabienne Larouche, dans sa vie professionnelle. La dame est connue, certains de ses clients aussi, mais on a bien assuré qu’aucune personne ou situation ne sera identifiable à l’écran, même si Suzanne Pringle a agi comme «muse et consultante» au scénario, notamment pour valider l’emploi du jargon juridique. Et les traits de caractère de Suzanne Pringle elle-même se retrouvent dans plusieurs protagonistes féminins à la fois. Ruptures n’a rien d’une biographie, mais expose avec doigté les réalités et complexités du droit familial.

Des ruptures

Dès les premières minutes de Ruptures, on est happé par l’action : Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin), 33 ans, avocate spécialisée en droit de la famille, est à Toronto et s’affaire à arracher deux enfants à leur mère aux prises avec un trouble bipolaire, qui vient de les kidnapper. Une Isabelle Guérard troublante et un Daniel Parent bouleversant incarnent Katia et David, ces parents qui se disputent âprement la garde des deux gamins, sans que la flamme ne soit totalement éteinte entre eux.

Le portrait de famille, déjà pas si parfait, dégénérera un peu plus au gré des procédures judiciaires. Madame est malade, mais est-ce que monsieur est aussi parfait qu’il le laisse croire? Les amoureux étaient-ils fidèles? L’histoire de David et Katia s’étalera sur trois épisodes et, déjà, au deuxième, prendra un tournant inattendu.

D’ailleurs, la plupart des causes dont s’occupera notre héroïne, Ariane, ne se concluront pas en une seule heure et, souvent, les dossiers se mélangeront dans un même épisode. On sent déjà qu’on aura du mal à reprendre notre souffle, devant nos téléviseurs. «Il n’y a pas de médaille qui puisse être assez mince pour n’avoir qu’un seul côté», est l’un des leitmotivs de Suzanne Pringle dans sa carrière, et cette grande vérité sera bien illustrée dans toutes les joutes de Ruptures.

Au bureau, Ariane doit composer avec une patronne avec qui elle entretient une relation amour-haine, Claude Boily (Isabel Richer). Claude vient de franchir les portes de son cabinet d’avocats De Vries, Lepage, Farley & Boily après un congé de huit mois. Ses collègues murmurent du bout des lèvres qu’elle a succombé à un burn-out, mais peut-être Claude cache-t-elle d’autres tourments. Encensée par l’associé-directeur Jean-Luc De Vries (Normand D’Amour), Ariane, qui a remplacé avec brio son aînée lors de l’absence de celle-ci, n’est pas nécessairement enchantée de voir Claude revenir dans les parages. Mais, si leur rivalité nous saute aux yeux rapidement, les deux femmes sont néanmoins capables de solidarité lorsque le moment l’exige.

L’amoureux d’Ariane, Étienne Dalphond (Vincent-Guillaume Otis), de son côté, perçoit comme une bénédiction le fait que Claude ait repris le collier. Après trois ans de vie commune avec sa belle, le jeune avocat en droit des affaires, qui bosse dans les mêmes locaux qu’elle, aspire à fonder une famille… Un désir que ne partage pas nécessairement Ariane. Une autre rupture viendra-t-elle donner tout son sens au titre de la production?

Mariloup la guerrière

À la réalisation, Mariloup Wolfe dit avoir voulu insuffler une touche lumineuse aux images de Ruptures. Vous remarquerez peut-être les teintes souvent sombres des décors et les fenêtres omniprésentes, même dans la salle de cour, un lieu généralement complètement fermé dans la «vraie vie». Pour ceux que les sagas judiciaires ennuient, sachez que Ruptures distille un savant équilibre entre les scènes d’avocats et celles de la vie quotidienne.

Mariloup n’a pas caché s’être lancé le défi de «réinventer la série de droit» et, pour ce faire, s’est nourri de tout le matériel existant dans cette lignée, de The Good Wife à Toute la vérité. Mélissa Désormeaux-Poulin, pour sa part, a raconté avoir discuté avec plusieurs avocates, pour apprendre à quoi carburent ces professionnelles qui n’ont pas froid aux yeux.

De Trahison à Sur-Vie

Mariloup Wolfe et Guillaume Lemay-Thivierge étant maintenant séparés, les deux comédiens ne joueront finalement pas ensemble dans Trahison, l’idée qu’ils avaient développée ensemble pour Séries+. La série verra bel et bien le jour, sous un autre titre, Sur-Vie, et Fabienne produira toujours. Mariloup tiendra l’un des rôles principaux, mais Guillaume a quitté le navire. Le tournage s’enclenchera au printemps et, Mariloup désirant s’y investir totalement, elle a choisi de confier les rênes de Ruptures à un autre réalisateur pour la suite de l’aventure. Et si, au départ, l’univers de Sur-Vie devait se déployer sur huit épisodes, Fabienne et Mariloup ont décidé de réduire ce nombre à six, pour éviter le surmenage et autres pépins. Bref, pour ne pas répéter les erreurs du passé.

Justement, quand on soulève les tensions qui ont secoué son lieu de travail cet automne, Mariloup Wolfe paraît sereine, même si on sent que le sujet est encore délicat.

«Je suis une guerrière, a martelé celle qu’on a fait mourir dans Unité 9 cette saison, mais qui reviendra dans 30 vies cet hiver. Ç’a été très formateur, pour moi. Je vais en sortir grandie et plus forte. Après avoir passé à travers une expérience comme celle-là, je suis maintenant prête à tout. Et on a livré la marchandise. Le téléspectateur, lui, ne verra pas la différence.»

Fabienne Larouche, quant à elle, prônera l’organisation et la discussion dans ses prochains projets. «On apprend de ça, a insisté la femme d’affaires. Je suis présentement en mode solutions. Il faut se ramasser, tout le monde ensemble.»

Le premier chapitre de Ruptures comptera 12 épisodes. On n’a pas encore dévoilé qui sera derrière la caméra pour la suite.

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