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17/12/2015 08:55 EST | Actualisé 17/12/2016 05:12 EST

L'ONU s'inquiète de la situation au Burundi

GENÈVE, Suisse — La principale agence onusienne des droits de la personne s'est réunie d'urgence jeudi pour discuter de l'escalade de la violence au Burundi, pendant que les États-Unis prenaient la tête d'une initiative diplomatique qui verrait le déploiement d'experts sur le terrain et l'ouverture d'une enquête.

Au moins 87 personnes ont été tuées le 11 décembre lors d'attaques lancées contre des installations militaires dans la région de la capitale, Bujumbura. L'ONU s'inquiète de voir le pays s'enfoncer dans une guerre civile.

Le Burundi a tout récemment été admis parmi les 47 membres du Conseil des droits de l'homme, dont le siège social se trouve à Genève.

Le pays est plongé dans le chaos depuis le mois d'avril, quand le président sortant Pierre Nkurunziza a annoncé qu'il briguerait un troisième mandat que plusieurs jugent inconstitutionnel. M. Nkurunziza a ensuite remporté un scrutin controversé en juillet.

Le Haut-commissaire des Nations unies aux droit de l'homme, le prince jordanien Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, a révélé au conseil que des données compilées par l'ONU démontrent qu'au moins 400 personnes ont été tuées depuis le 26 avril et près de 3500 arrêtées dans le cadre de cette crise politique. Il a ajouté qu'au moins 220 000 personnes ont fui le pays.

M. al-Hussein a déclaré que les événements de la semaine dernière catapultent le Burundi vers un passé troublé, sombre et horriblement violent.

Il a proposé plusieurs mesures pour freiner la violence, comme des contrôles plus serrés à la frontière, le désarmement des milices progouvernementales, une lutte au trafic d'armes et l'utilisation de drones pour surveiller les frontières.

Le conseil pourrait adopter d'ici quelques heures une résolution autorisant l'envoi d'experts sur le terrain, mais non d'une commission d'enquête formelle.