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L'appel à l'aide d'une mère de famille québécoise bientôt extradée aux États-Unis

Après avoir perdu sa bataille judiciaire, une mère de famille québécoise détenue à la prison Tanguay a entrepris il y a six jours une grève de la faim pour protester contre son extradition vers les États-Unis, qui l'accusent d'avoir enlevé trois de ses enfants en 2010. Sa défense : elle les a arrachés des griffes d'un père violent.

Un reportage de Normand Grondin

Ses deux filles, adolescentes, relatent une partie de leur vie dans une vidéo mise en ligne récemment sur YouTube.

Toutes jeunes, elles portent déjà un lourd bagage : une dizaine de familles d'accueil, une mère absente, un père très violent, puis la fuite avec leur frère, alors que les trois enfants ont à peine 9, 10 et 14 ans.

« Au début, on vivait aux États-Unis avec un père violent. C'était le genre de père qui nous battait avec des ceintures ou des objets qu'il voyait », affirme l'une d'elles dans la vidéo.

« Le jour où on s'est enfui, on ne savait pas où aller ni à qui en parler. On était resté dans une maison abandonnée pendant plusieurs jours jusqu'au moment où on avait décidé d'en parler avec ma mère. »

C'est pour mettre un terme aux violences répétées que subissaient ses trois enfants aux mains de son ex-conjoint américain que la mère, qu'on ne peut identifier, les ramène au Canada en novembre 2010 même si elle n'en a pas la garde, soutient son avocate, Marie-Hélène Giroux.

Mais les autorités américaines ont vu les choses autrement. Ils ont demandé son extradition pour enlèvement d'enfants.

En cinq ans, la mère a subi trois procès, perdant le dernier round en Cour suprême du Canada, vendredi dernier.

« Les US Marshalls vont venir la chercher et ils vont la remettre aux autorités de l'État de Georgie, où elle va devoir faire face à son procès et éventuellement être [condamnée] à une peine de 15 ans de prison », explique Me Giroux.

Sa cliente a entrepris une grève de la faim il y a six jours. Son dernier espoir : une intervention du gouvernement canadien.

Les deux adolescentes, qui ne veulent pour rien au monde retourner avec leur père, sont réalistes : si le gouvernement canadien n'intervient pas rapidement, elles risquent de ne plus revoir leur mère pour longtemps.

Leur vie n'a jamais été stable, ont-elles confié à Radio-Canada, mais la période de cinq ans qu'elles ont passée au Canada, malgré certaines instabilités, constitue « le meilleur temps de [leur] vie ».

« Si jamais ma mère retourne aux États-Unis, notre premier choix, c'est de rester en famille d'accueil, ici, au Canada. »

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