Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Des factions libyennes rivales signent un accord de réconciliation contesté

Des représentants de factions politiques rivales ont signé jeudi un accord destiné à sortir la Libye du chaos actuel. L'entente, parrainée par les Nations unies, a toutefois été rejeté d'emblée par les chefs des deux parlements rivaux, ce qui soulève des doutes sur sa crédibilité.

L'accord signé à Skhirat, près de Rabat, au Maroc, prévoit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et d'un conseil présidentiel qui seront aux commandes du pays pour une période de transition s'étirant jusqu'à la tenue élections législatives.

Il a été signé par diverses personnalités politiques et des membres des deux parlements rivaux. L'un, reconnu par la communauté internationale, siège à Tobrouk, dans l'est du pays; l'autre, le Congrès général national, d'allégeance islamiste, étant basé dans la capitale, Tripoli.

« C'est un jour historique pour la Libye », a déclaré l'émissaire de l'ONU, Martin Kobler, lors de la cérémonie de signature. « La porte est toujours ouverte pour tous ceux qui n'étaient pas ici aujourd'hui. [...] Ce n'est que le début d'un long parcours pour la Libye. »

Ces commentaires de M. Kobler au sujet des absents font référence à l'opposition à l'accord qu'affichent ouvertement les présidents des parlements en place à Tripoli et à Tobrouk, Nouri Abou Sahmein et Aguila Saleh.

En octobre, un projet d'accord parrainé par l'ONU négocié par des élus des deux camps a été rejeté par les deux parlements en bout de piste. Depuis, MM. Sahmein et Saleh ont mené un processus alternatif, dit « interlibyen », qui se déroule sans la présence de l'ONU.

Une « déclaration de principes » interlibyenne, qui doit aussi se conclure par la formation d'un nouveau gouvernement, a ainsi été conclue au début décembre à Tunis par des représentants des deux parlements.

Dans un communiqué commun, les ambassadeurs et les envoyés spéciaux pour la Libye des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Italie, de l'Espagne, de l'Allemagne et de l'Union européenne, ont affirmé que cette « tentative de dernière minute de faire dérailler le processus des Nations unies ne réussira pas ».

Les chefs des parlements rivaux se rencontrent en Tunisie

Mardi, à Malte, MM. Sahmein et Saleh se sont rencontrés pour la première fois depuis que le Parlement parallèle de Tripoli a vu le jour, en 2014. Tous deux ont alors affirmé que ceux qui signeraient l'accord à Skhirat ne le feraient qu'à titre individuel.

« Celui qui n'a pas été mandaté par le Congrès général national pour signer ou parapher un accord en son nom est, et restera, sans légitimité », a déclaré M. Sahmein devant son Parlement, mercredi, à Tripoli.

L'accord parrainé par l'ONU, a-t-il dit, « ne fait pas l'objet d'un consensus, et ne garantit même pas le minimum requis pour garantir son efficacité ». M. Sahmein dit croire que le processus alternatif permettra de former un nouveau gouvernement d'union d'ici le 24 décembre.

Dans un communiqué publié mercredi, M. Kobler a pris acte de la rencontre de Malte, mais a réaffirmé que l'accord parrainé par l'ONU serait signé par « un grand nombre de participants libyens ».

L'émissaire de l'ONU plaide que l'accord de Shkirat peut favoriser une sortie de crise, et entraîner une assistance étrangère à la Libye, notamment militaire, pour l'aider à lutter contre le terrorisme.

« Une levée de l'embargo sur l'armement requiert un gouvernement et, à ce stade, il y a deux gouvernements dans le pays », a fait valoir M. Kobler.

Les dirigeants occidentaux sont de plus en plus inquiets que la Libye devienne un sanctuaire pour le groupe armé État islamique, dont des partisans sont actifs dans la région de Syrte, d'où était issu l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi.

« Nous ne pouvons pas permettre que le statu quo perdure en Libye », a martelé dimanche, à Rome, le secrétaire d'État américain, John Kerry. « C'est dangereux pour les Libyens, et maintenant que Daech [acronyme de l'État islamique en arabe] renforce sa présence, c'est dangereux pour tout le monde. »

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.