POLITIQUE
16/12/2015 12:08 EST | Actualisé 16/12/2015 12:08 EST

Le projet de réforme des commissions scolaires choque les Anglo-Québécois

Des représentants de la communauté anglophone du Québec, dont l'ex-députée fédérale Marlene Jennings et l'ex-commissaire aux langues officielles Victor Goldbloom, somment le ministre québécois de l'Éducation, François Blais, de revoir son projet de réforme des commissions scolaires et de consulter la communauté à cette fin.

Ils estiment que ce projet de loi, qui vise l'abolition des élections scolaires et la réforme de la gouvernance, brime les droits constitutionnels de leur communauté linguistique minoritaire inscrits à l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Ils réitèrent qu'ils sont prêts à recourir aux tribunaux pour le prouver si le ministre Blais s'entête à aller de l'avant avec le projet de loi 86.

Les commentaires les plus virulents à l'endroit du ministre sont venus de la bouche de l'ex-députée Jennings. Cette dernière a dirigé un groupe de travail qui a formulé 13 recommandations visant à protéger les droits de la minorité anglophone au ministre Blais en vue de la préparation de son projet de loi.

« Le ministre a mis le rapport [...] aux poubelles, mais je crois, après avoir fait une lecture très attentive du projet de loi 86, que ce projet devrait être mis aux poubelles », a-t-elle lancé d'entrée de jeu, mercredi. « Le gouvernement devrait recommencer ses devoirs parce que je leur donne une note d'échec. »

Avec le projet de loi 86, dit-elle, le ministre « se moque » des droits constitutionnels de la minorité anglophone, de son essor au Québec, du taux de diplomation des étudiants des commissions scolaires anglophones qui atteint 85 %. Je ne crois même pas que c'est recyclable », a-t-elle soutenu, en conférence de presse à Montréal.

Mme Jennings n'a pas caché qu'elle appuie une contestation judiciaire du projet de loi 86, une menace qu'avait déjà laissé planer l'avocat de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), Michael Bergman, il y a deux semaines.

« Je souhaite que si le ministre et le gouvernement vont de l'avant avec le projet de loi 86 tel qu'il est formulé actuellement, qui bafoue nos droits constitutionnels, que notre communauté mette ses gants et ses pantalons et la conteste devant les cours », a-t-elle lancé. « Je suis prête à mettre de l'argent pour ça. »

Mme Jennings et d'autres personnes présentes ont aussi vertement critiqué le projet du gouvernement d'accorder aux comités de parents le pouvoir de nommer six représentants de la communauté aux nouvelles commissions scolaires.

Selon eux, il est impératif que tous les membres de la communauté anglophone puissent se prononcer, étant donné l'importance des commissions scolaires dans leur vie.

Le projet de loi prévoit que des élections scolaires pourraient être organisées si 15 % des parents le réclament. Si cela s'avérait, la commission scolaire concernée devrait organiser le scrutin seule, sans l'aide du Directeur général des élections.

L'ex-chancelière de l'Université McGill, Greta Chambers, et des représentants de l'ACSAQ, de l'Association des comités de parents anglophones (ACPA), du Quebec Community Groups Network (QCGN) et de la Fédération québécoise des associations foyers-écoles (FQAFE), ont aussi participé à la conférence de presse.

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