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11/12/2015 10:58 EST | Actualisé 14/12/2015 12:37 EST

Entretien avec Alain Brunet: la SAQ ramène davantage de vins à moins de 12 $ sur ses tablettes (VIDÉO)

De plus en plus rares depuis quelque temps dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ), les bouteilles à moins de 12 $ devraient être légèrement plus visibles, selon le président de la société d’État, Alain Brunet. À l’approche des fêtes, nous avons discuté avec le patron de la SAQ des produits bon marché, de la libéralisation de la vente d’alcool au Québec et de la récupération du verre.

Le modèle d’affaires de la SAQ ne donne pas beaucoup de répit au consommateur, avec des marges de profit importantes sur les vins à moins de 20$…

Le modèle d’affaires est plus large que ça. Nous opérons un réseau de commerces de détail et nous sommes axés sur le service conseil. Notre force, c’est la relation avec le client. À travers ça, nous développons beaucoup l’offre de produits. Grâce aux outils technologiques, nous voulons doubler notre inventaire. Quand on parle des prix, il faut dire qu’il y a une partie que nous pouvons contrôler grâce à la négociation des coûtants. Notre fort pouvoir d’achat nous permet ça. Maintenant, le prix est aussi tributaire des taxes grandissantes. Si les prix montent, même si nous avons réalisé de bonnes négociations, comment peut-on ramener une offre plus importante de produits de moins de 12 $? Nous travaillons là-dessus et il y a déjà beaucoup de nouveaux produits à moins de 12 $ sur les tablettes.

La part de produits bon marché ne croît pas, toutefois.

C’est en décroissance ou stagnant. Ces produits représentent une part de marché de 18 % alors nous visons une offre de 18 % de produits à petits prix [moins de 12 $]. C’est autour de ça qu’on se situe présentement.

Donc il y aura davantage de vins de moins de 12 $ dans les succursales?

Nous sommes déjà là-dedans depuis un an et nous avons atteint notre objectif. Nous avions pris un léger retard que nous avons rattrapé dans la dernière année, particulièrement dans les derniers mois.

On parle de plus en plus de libéralisation du marché de l’alcool au Québec. Le rapport Robillard en faisait état et Québec vient de proposer un projet de loi pour vendre les vins québécois en épicerie. Doit-on s’attendre à de plus en plus de flexibilité dans le modèle québécois?

D’abord, il faut dire que le rapport de la commission Robillard est un outil de réflexion. Nous verrons ce que le gouvernement en fera. Le Québec est déjà organisé de telle sorte qu’il y a une mixité entre le public et le privé dans le commerce de l’alcool. La bière est en vente libre et représente 43 % des ventes d’alcool dans la province. Depuis 30 ans, on vend des vins en épicerie et c’est devenu un marché de 500 millions de dollars. Nous sommes habitués de composer avec ça. Nous vivons très bien avec le projet de loi. Il y a de la place dans le marché et nous allons continuer à vendre les vins du Québec et à pousser sa distribution.

Les ventes en ligne représentent environ 2 % des ventes totales de la SAQ. Quels sont vos objectifs?

Nous avons lancé Achetez Cliquez Ramassez au mois d’avril, qui permet la livraison des commandes web dans la succursale de votre choix. Cela a permis de doubler les ventes web. Nous sommes bien lancés sur notre objectif qui ferait que les achats en ligne représentent d’ici trois ans 6 à 7 % de nos ventes totales.

Vous avez annoncé que votre application deviendra enfin transactionnelle en mars. Qu’est-ce que ça va changer?

Notre application mobile est très utilisée et le consommateur attendait qu’elle devienne transactionnelle. Nous voulons être dans le quotidien des gens, que le consommateur ait accès en tout temps au produit. Si vous êtes au restaurant et qu’un produit vous intéresse, vous pourrez le scanner et choisir de l’acheter tout de suite.

La SAQ est un partenaire important dans ce nouveau projet de récupération du verre pour l’intégrer, sous forme de poudre, à l’asphalte. Cette percée permettra de récupérer une partie du verre en circulation au Québec. Que fera-t-on du reste?

Au Québec, il y a en circulation 200 000 tonnes de verre. Juste avec le projet d’asphalte, on pourrait récupérer jusqu’à 100 000 tonnes, et on n’a pas encore parlé du béton. La Ville de New York vient de commander 20 tonnes de poudre de verre pour faire des essais dans ses trottoirs. Ce n’est pas utopique de penser qu’à terme, l’ensemble du verre pourra être récupéré.

D’ici là, doit-on imposer la consigne?

Il faut travailler sur deux fronts. La SAQ investit dans la recherche et le développement depuis plus de dix ans afin de trouver des débouchées pour le verre. Le Québec est déjà très bon en matière de collecte sélective. Le gouvernement veut se moderniser alors nous attendrons le résultat des réflexions sur le sujet.

PRÉCISION: Une version antérieure de cet article indiquait que la Ville de New York avait passé une commande de 20 000 tonnes de poudre de verre. Il s'agit plutôt d'une commande de 20 tonnes.

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