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10/12/2015 13:14 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

USA: trois ans après Sandy Hook, les familles dénoncent l'inaction sur les armes

Des dizaines de proches de victimes d'armes à feu ont exhorté jeudi le Congrès américain à légiférer pour restreindre l'accès aux armes, à quatre jours de l'anniversaire du massacre de l'école Sandy Hook de Newtown en 2012.

"Nous n'abandonnerons jamais", dit Natasha Christopher, dont le fils Akeal a été abattu à Brooklyn en 2012, le jour de ses 14 ans. "J'ai deux autres enfants, je ne veux pas en enterrer un autre".

Présentant des photographies de leurs proches disparus, les familles étaient venues pour une énième conférence de presse au Capitole, entourées de parlementaires démocrates révulsés par ce qu'ils qualifient d'épidémie de violence par armes à feu, et l'inaction de la majorité républicaine du Congrès.

"Cette institution est-elle si insensible qu'elle peut regarder ces familles dans les yeux et ne faire absolument rien?" a lancé le sénateur Chris Murphy, qui représente le Connecticut, où se trouve l'école Sandy Hook. L'établissement a été démoli pour être reconstruit. Vingt-six personnes, dont 20 enfants, étaient mortes sous les balles d'un jeune déséquilibré qui s'était ensuite suicidé.

"Il est temps (...) de mettre fin au silence complice du Congrès", a-t-il dit, la gorge nouée.

Toutes les tentatives de réforme pour, par exemple, interdire les armes d'assaut ou généraliser les vérifications d'antécédents avant les ventes d'armes sur internet ont échoué depuis trois ans, refusées par la majorité républicaine sous pression du lobby des armes.

Les démocrates tentent de raviver la question depuis les attaques de San Bernardino (14 morts) la semaine passée. Ils ont proposé une mesure qui interdirait aux personnes figurant sur les listes de suspects terroristes ou d'interdiction de voler d'acheter des armes à feu, mais les républicains ont rejeté le texte. Ils dénoncent l'absence de garde-fous pour priver un individu de ce qu'ils considèrent comme un droit fondamental protégé par la Constitution, et craignent de créer un précédent.

Les alliés de Barack Obama voudraient aussi supprimer l'interdiction légale, votée en 1996 par le Congrès, faite aux instituts de recherche publics d'étudier les causes de la violence par armes à feu.

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