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10/12/2015 09:23 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Traçage des passagers aériens : Londres salue les avancées vers l'adoption du "PNR"

La ministre britannique de l'Intérieur, Theresa May, a salué jeudi l'adoption en commission au Parlement européen du registre européen des données des passagers aériens, dit "PNR", qui ouvre la voie à une adoption en séance plénière début 2016.

C'est une "importante étape et un exemple de la coopération entre l'Union européenne et les États membres sur le partage de renseignements et d'informations, qui va nous aider dans la bataille contre le terrorisme", a déclaré la ministre après une réunion avec quatre de ses homologues européens ainsi que l'ambassadeur polonais au Royaume-Uni, le Commissaire européen aux Migrations Dimitris Avramopoulos et la ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch.

Le PNR "sera la pierre angulaire d'une stratégie européenne résolue de renforcement de la sécurité aérienne", a déclaré de son côté le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve. "Il ne faut maintenant pas perdre de temps pour sa mise en oeuvre", a-t-il ajouté, tandis que son homologue espagnol, Jorge Fernandez Diaz, a qualifié d'"excellente nouvelle" les derniers développements sur ce dossier.

La commission des libertés civiles du Parlement européen a donné son feu vert jeudi à un compromis trouvé avec les États membres de l'UE, au terme d'un bras de fer de plusieurs années.

Si elle est adoptée par les députés européens en plénière au début de l'année prochaine, la directive PNR ("Passenger Name Record") devra ensuite être transposée dans les deux ans dans les différents États membres.

Les données PNR désignent les informations fournies par les passagers aux transporteurs aériens (itinéraire, coordonnées ou encore moyens de paiement). Les compagnies aériennes auront l'obligation de les transférer aux États membres concernés par un vol, lesquels devront ensuite les partager avec les autres.

Au cours de cette réunion à Londres, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne ont adopté un accord de coopération dans les domaines de la lutte contre la radicalisation, l'extrémisme et le terrorisme.

"Nous sommes unis dans notre détermination à combattre le terrorisme à travers une réponse nationale et internationale ferme mais proportionnée face à la menace posée par Daech et à contrer l'extrémisme violent et la radicalisation", a assuré Theresa May.

Bernard Cazeneuve a pour sa part évoqué le Système d'information Schengen (SIS), une base de données européennes destinée à la lutte contre la criminalité organisée ou le terrorisme.

"Il y a un sujet qui pour moi est central et sur lequel je vais mener la bataille dans les mois qui viennent, c'est l'alimentation du Système d'information Schengen par l'ensemble des services de renseignement de l'union", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Si les services de renseignements n'alimentent pas le Système d'information Schengen, l'interrogation des fichiers au moment du franchissement des frontières extérieures sera plein de failles", a souligné le ministre français.

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