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10/12/2015 07:38 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Renaud Lachance doit s'expliquer, tonne Drainville

Bernard Drainville estime que les révélations d'Enquête sur les dissensions entre France Charbonneau et Renaud Lachance soulèvent des questions quant à des « pressions » qu'aurait pu subir ce dernier. Cette interprétation n'est d'aucune façon partagée par le bureau du premier ministre Philippe Couillard qui déplore que le leader parlementaire du PQ se lance ainsi dans « une triste opération de démagogie ».

Dans un reportage qui sera diffusé ce soir mais dont les grandes lignes ont été divulguées ce matin, Enquête démontre que le commissaire Lachance a voulu atténuer des critiques envers les partis politiques dans le rapport de la commission Charbonneau, en particulier au sujet du Parti libéral du Québec.

Dans une entrevue accordée à ICI RDI, M. Drainville s'est notamment insurgé contre le fait que M. Lachance ait voulu rayer un passage soulignant que « les sollicitations à contribuer sont devenues particulièrement pressantes de la part du Parti libéral dans les années 2000 sous la gouverne de Jean Charest et Marc Bibeau ».

« Voulez-vous bien me dire pourquoi il a fait enlever ça du rapport ? » , s'est emporté M. Drainville. « Est-ce qu'il y a eu des pressions ? [...] Pourquoi est-ce que les commissaires ont refusé de répondre aux questions ? »

Le leader parlementaire du Parti québécois se demande en outre pourquoi M. Lachance a refusé que Marc Bibeau soit identifié comme le grand responsable du financement du PLQ, comme l'ont dit de nombreux témoins.

« Pourquoi il ne veut pas que ce soit dit dans le rapport ? », se demande-t-il.

« On comprend avec tout ça pourquoi on n'a pas entendu Marc Bibeau publiquement pendant la commission, pourquoi on n'a pas entendu Jean Charest », a-t-il poursuivi.

« On se demande dans le fond : « est-ce que c'est une commission qui a servi à blanchir le Parti libéral ? » Est-ce que c'est à ça que ça a servi les 45 millions qu'on a payés ? [...] On a de maudites raisons de se poser cette question », a-t-il insisté.

Lorsqu'on lui soumet que M. Lachance a peut-être simplement été plus prudent que Mme Charbonneau, M. Drainville se montre sceptique.

« Qu'il vienne s'expliquer. Qu'il vienne nous le dire si c'est ça qui l'a motivé. Qu'il vienne nous le dire qu'il n'a pas subi de pression », a-t-il lancé. « Je pense que Mme Charbonneau aussi a des explications à donner aux Québécois. »

Le bureau du premier ministre Philippe Couillard a pris moins de 30 minutes à réagir aux propos de Bernard Drainville.

« Jamais le gouvernement n'est intervenu dans les travaux de la commission Charbonneau à quelque étape que ce soit », a fait savoir le directeur de cabinet adjoint de M. Couillard, Charles Robert.

« Laisser entendre qu'il est intervenu est de la fabulation et de la malhonnêteté intellectuelle », a-t-il ajouté. « On assiste à une triste opération de démagogie. »