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10/12/2015 02:44 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Pékin juge "incorrect" un rapport de l'ONU sur les droits de l'Homme

La Chine a rejeté jeudi les conclusions d'un rapport des Nations unies sur le bilan chinois en matière de droits de l'Homme, une porte-parole l'estimant biaisé et "incorrect".

Le rapport du Comité contre la torture (CAT) de l'ONU, publié mercredi, appelle la Chine à cesser son utilisation généralisée de la torture dans les lieux de détention, à fermer ses "prisons noires" et à stopper la répression à grande échelle touchant les avocats et militants des droits de l'homme.

Le document ne repose pas sur une "vision objective et impartiale" de la Chine et certains contenus sont "basés sur des informations incorrectes", a déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Notre position contre la torture est ferme et constante et nous sommes sûrs que nous accentuerons nos efforts dans ce domaine", a-t-elle assuré lors d'un point-presse régulier à Pékin, alors que se tient aujourd'hui la Journée internationale des droits de l'Homme.

Le rapport de l'ONU fait état de plus de 200 avocats et militants arrêtés durant une répression "sans précédent" lancée depuis juillet.

"Durant l'année passée, de trop nombreux citoyens chinois ont été emprisonnés simplement pour avoir exprimé leurs points de vue de façon pacifique", a écrit l'ambassadeur américain en Chine, Max Baucus, dans un communiqué.

Il cite plusieurs affaires dont celle de l'avocat défenseur des droits de l'homme Pu Zhiqiang et du professeur Ilham Tohti, un Ouïghour condamné pour séparatisme à la prison à vie.

Un communiqué de l'ambassade d'Allemagne estime par ailleurs que "de sérieux problèmes persistent en matière de liberté d'opinion".

Des accusations qui reflètent des "préjugés politiques" et un point de vue "biaisé", selon la porte-parole de la diplomatie chinoise.

"Il semble que certaines personnes choisissent toujours d'attirer l'attention sur des cas individuels, et d'ignorer à dessein la situation générale des droits de l'Homme en Chine", a-t-elle souligné.

Le rapport de l'ONU souligne que "la pratique de la torture et des mauvais traitements est toujours profondément enracinée dans le système pénal" en Chine, et s'alarme notamment d'une récente modification législative qui légitime les détentions secrètes.

Un rapport d'Amnesty International publié le mois dernier faisait état de suspects électrocutés, victimes de coups de poings et de pieds, frappés avec des chaussures ou des bouteilles remplies d'eau, privés de sommeil ou encore immobilisés sur des chaises en fer et forcés de rester dans des positions douloureuses durant de nombreuses heures.

rld-ehl/jug/ros