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10/12/2015 07:48 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

"Pas de prisonniers politiques" à Cuba, affirme le procureur général

Le procureur général de Cuba, Dario Delgado, a assuré jeudi qu'aucun prisonnier politique n'était détenu sur l'île, mais seulement des "dissidents autoproclamés" soutenus par des "organisations contre-révolutionnaires".

"On dit parfois qu'ici il y a des prisonniers politiques. Il n'y en a pas", a martelé le responsable du ministère public cubain dans un entretien publié par le quotidien d'Etat Granma à l'occasion de la journée internationale des droits de l'Homme.

"La majorité de ceux qui s'autoproclament dissidents sont des prisonniers de droit commun qui ont été attirés par des organisations contre-révolutionnaires, internes et externes, et qui reçoivent des rétributions directes ou indirectes", a expliqué M. Delgado.

"Mais ce ne sont pas des prisonniers de conscience, parce que s'ils l'étaient, ils agiraient autrement", a-t-il poursuivi sans donner plus de détails.

En décembre et janvier derniers, dans la foulée du dégel avec les Etats-Unis, les autorités cubaines avaient libéré 53 personnes considérées comme des prisonniers politiques par Washington.

Aujourd'hui, la Commission cubaine des droits de l'Homme et de la réconciliation nationale dénombre encore une soixantaine de prisonniers d'opinion sur l'île, mais les grandes organisations telles qu'Amnesty International ne confirment pas ces chiffres.

Toutefois, Amnesty accuse le gouvernement de Raul Castro de détourner "une série de lois pour harceler" des militants de l'opposition et de recourir aux détentions temporaires "pour les empêcher de participer à des manifestations ou des réunions".

Interdite par les autorités et privée d'accès aux médias officiels, la dissidence est considérée par les autorités cubaines comme un groupement de "mercenaires" manipulés par des intérêts étrangers.

Le groupe d'opposition des Dames en blanc, prix Sakharov du Parlement européen en 2005, a convoqué jeudi après-midi une manifestation à La Havane à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'Homme.

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