NOUVELLES
10/12/2015 13:56 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Nommé sous Harper, le président de Postes Canada refuse de démissionner

OTTAWA — Une lettre du nouveau gouvernement fédéral demandant à des gens nommés par son prédécesseur conservateur de volontairement démissionner de leur poste a été «renvoyée à l'expéditeur» par Postes Canada.

Sian Matthews, la présidente du conseil d'administration de la société d'État, a affirmé que le président-directeur général Deepak Chopra avait été choisi au terme d'un processus de sélection rigoureux et que son contrat avait été prolongé dans le respect des meilleures pratiques en matière de gouvernance.

M. Chopra compte parmi la trentaine de personnes nommées par les conservateurs qui ont vu leur mandat être renouvelé juste avant les élections d'octobre, dans certains cas plus d'un an avant l'échéance.

Dominic LeBlanc, le leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, a envoyé cette semaine une missive à 33 individus de la part du premier ministre Justin Trudeau les priant de renoncer à leur poste et de représenter leur candidature dans le cadre d'un nouveau processus de nomination.

Le gouvernement leur a donné jusqu'au 18 décembre pour répondre. Postes Canada a réagi moins de 48 heures après avoir reçu la lettre.

Dans sa réplique, qu'elle a aussi transmise à La Presse Canadienne, Mme Matthews demande au gouvernement de revenir sur sa décision, faisant valoir que les dirigeants responsables et complètement dévoués au service de la population canadienne comme Deepak Chopra devraient «être félicités et non humiliés».

Elle rappelle également qu'à la suite d'un important rapport du vérificateur général publié en 2009, un comité des Communes a adopté des lignes directrices exigeant notamment que les gens nommés à des postes à temps complet soient informés de leur statut d'emploi au moins six mois avant la fin de leur contrat.

«Le renouvellement du mandat de Deepak Chopra est conforme aux recommandations du comité», écrit Sian Matthews.

M. LeBlanc n'a pas précisé si le gouvernement avait l'intention de congédier les personnes qui refuseront de quitter leur poste.

«Nous croyons que ces nominations constituent un abus de procédure commis par un ancien gouvernement et nous avons demandé à 33 individus de prendre ce qui, selon nous, est la bonne décision en n'acceptant pas ces nominations», avait-il déclaré, mardi.

Rona Ambrose, la chef intérimaire du Parti conservateur, a reconnu que le nouveau gouvernement avait le droit de mettre un terme à ces contrats, mais a exhorté les libéraux à évaluer chaque personne en fonction de ses mérites.