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10/12/2015 01:55 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Nobel: un membre du quartette "inquiet" de la dérive sécuritaire en Tunisie

Une des quatre organisations tunisiennes récompensées cette année par le prix Nobel de la paix s'est dite "très inquiète" jeudi de la dérive sécuritaire dans la fragile démocratie tunisienne en réponse à la menace jihadiste.

"On est très inquiets parce que, chaque fois qu'il y a un acte terroriste, plusieurs voix s'élèvent (...) pour dire que s'il y a du terrorisme, il faut mettre les droits de l'homme de côté", a déclaré à l'AFP Abdessatar Ben Moussa, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH).

Conjointement avec le syndicat UGTT, l'organisation patronale Utica et l'Ordre national des avocats, la LTDH compose le quartette pour le dialogue national tunisien.

Ce groupe d'acteurs de la société civile s'est vu décerner le Nobel de la paix pour avoir contribué à sauver la transition démocratique du pays nord-africain en 2013 en organisant un long et difficile "dialogue national" entre islamistes du parti Ennahda et leurs opposants.

"Le meilleur moyen de combattre le terrorisme, c'est de respecter les droits de l'homme", a ajouté M. Ben Moussa lors d'un entretien accordé juste avant la cérémonie de remise du Nobel à Oslo.

Il a toutefois exclu un retour vers un régime autocratique, comme celui qui avait précédé la révolution de jasmin déclenchée en décembre 2010, faisant valoir que de nombreux droits et libertés étaient désormais ancrés dans la Constitution adoptée en janvier 2014.

Si la Tunisie fait généralement figure de modèle au milieu du chaos du printemps arabe, le pays a été la cible de trois attentats majeurs depuis le début de l'année et se trouve aujourd'hui, pour la deuxième fois en l'espace de quelques mois, sous état d'urgence.

Amnesty International s'était aussi inquiétée la semaine dernière d'"un recours abusif aux mesures d'exception".

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