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09/12/2015 20:53 EST | Actualisé 09/12/2016 00:12 EST

Malaisie: englué dans un scandale de corruption, le Premier ministre refuse de démisionner

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, a fait savoir jeudi qu'il était hors de question qu'il démissionne, après la multiplication d'appels en ce sens en raison d'un scandale de corruption dans lequel le chef du gouvernement est impliqué.

"Bien qu'il y ait des traîtres, et peu importe combien de fois nous sommes poussés au sol, il n'est pas question de battre en retraite, de renoncer", a déclaré Najib devant plus de 2.000 délégués de l'Organisation nationale des Malais unis (UMNO), son parti majoritaire et au pouvoir depuis l'indépendance en 1958 de ce pays d'Asie du Sud-Est.

"Pas de retrait! Pas d'abandon!", a répété avec force le Premier ministre, dont le parti et la coalition gouvernementale bénéficient d'un important soutien auprès de l'ethnie malaise de confession musulmane, qui représente environ 60% de la population.

Les appels à la démission de Najib émanant de l'opposition mais aussi de son propre camp se sont multipliés depuis une révélation en juillet troublante pour le Premier ministre: le versement de près de 700 millions de dollars (635 millions d'euros) sur ses comptes personnels, dans le cadre du scandale financier de la société publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB) créée à son arrivée au pouvoir en 2009 pour moderniser le pays. Elle est aujourd'hui endettée à hauteur de 10 milliards d'euros, et Najib nie avoir commis tout acte répréhensible.

Lundi, l'ancien vice-Premier ministre Muhyiddin Yassin, récemment limogé par Najib après avoir réclamé de la transparence sur cette affaire, avait joint sa voix aux critiques du Premier ministre en l'appelant à quitter ses fonctions en attendant la fin des multiples enquêtes en cours.

Muhyiddin avait prévenu devant des centaines de partisans lors d'une manifestation à Kuala Lumpur que l'UMNO risquait de perdre les prochaines élections en raison de ce scandale, l'une des pires crises de ce parti depuis un demi-siècle: "Demandez à votre conscience. Faites ce qui s'impose pour les intérêts de la population et du pays", avait-il lancé à l'intention de Najib.

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