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10/12/2015 05:04 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

La Turquie se félicite d'une croissance supérieure aux prévisions

L'économie turque a connu une croissance de 4% au troisième trimestre 2015 par rapport à la même période de l'année précédente, dépassant largement les prévisions, selon les chiffres publiés jeudi par l'Institut turc de la statistique (Tüik).

La plupart des analystes tablaient sur un chiffre inférieur à 3%.

Cette annonce est intervenue peu avant la présentation par le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu du "plan d'action" de son gouvernement pour l'année 2016, qui comporte notamment une série de réformes pour renforcer la croissance à long terme.

"La croissance au troisième trimestre a été supérieure aux prévisions (...) malgré l'instabilité croissante dans les pays voisins", s'est félicité M. Davutoglu.

L'économie turque a connu une croissance de 3,4% sur les neuf premiers mois de l'année 2015.

Conséquence de ce chiffre "stupéfiant", "la croissance du PIB sur l'année entière sera probablement supérieure aux anticipations", plus proche de 3,5% que des 3% prévus, a indiqué dans une note William Jackson, économiste au cabinet Capital Economics

Cette nouvelle "pourrait quelque peu atténuer la pression du gouvernement sur la banque centrale", a estimé M. Jackson.

Ces derniers mois, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affolé les marchés en exerçant des pressions répétées sur la Banque centrale pour qu'elle baisse ses taux et protège ainsi la croissance.

Après les années fastes 2010 et 2011, où elle a dépassé les 8%, l'économie turque a sérieusement ralenti, victime de la crise de la zone euro, des guerres à ses frontières en Irak et en Syrie et de la reprise du conflit kurde.

Son produit intérieur brut (PIB) n'a augmenté que de 2,9% l'an dernier, ses déficits publics restent élevés, tout comme son inflation scotchée au-dessus de 7%.

Sans aucune élection majeure prévue d'ici 2019, le gouvernement de M. Davutoglu a une fenêtre d'opportunité pour procéder aux réformes profondes dont l'économie a besoin pour soutenir sa croissance, selon les experts.

gkg/phv