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10/12/2015 07:15 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

La Russie compte 256 "prisonniers politiques", selon un site de l'opposition

Un site internet de l'opposition, La nouvelle Chronique des événements en cours, a publié jeudi une liste de 256 "prisonniers politiques" en Russie, à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'Homme.

La liste recense 256 personnes, arrêtées "pour leurs opinions politiques, croyances religieuses, origines ou militantisme pour la protection de la société civile".

Selon la revue, 52 purgent une peine dans un camp, 106 sont en détention préventive, 8 sont assignés à résidence et 20 ne peuvent pas quitter la Russie parce que leur procès est en cours.

Il s'agit d'une hausse de 18% par rapport à août, note la revue, qui estime que "la menace d'un nouveau durcissement du régime est devenue une réalité".

Parmi ces prisonniers politiques, Ildar Dadine, condamné lundi à trois ans de camp pour avoir participé pacifiquement à quatre manifestations non-autorisées entre août et décembre 2014.

Une vingtaine de "prisonniers politiques" ont été officiellement accusés d'espionnage, comme le Russe Viktor Chour, condamné à 12 ans de prison pour "avoir photographié des paysages près de la frontière ukrainienne".

Le nombre de blogueurs russes derrière les barreaux est en hausse, remarque la revue, qui cite entre autres l'exemple de Vadim Tioumentsev, en détention préventive depuis avril pour avoir publié une vidéo où il adressait ses doléances au président Vladimir Poutine.

Certains "prisonniers politiques" le sont à cause de leurs liens avec Kiev, qui connaît de graves tensions avec Moscou: Natalia Charina, directrice de la Bibliothèque ukrainienne, est assignée à résidence depuis octobre pour avoir détenu des livres ukrainiens "nationalistes".

La liste inclut également des militants condamnés à 3 ans et demi de prison pour avoir manifesté sur la place Bolotnaïa à Moscou en 2012 contre M. Poutine, des militants écologistes et des blogueurs anti-corruption.

Sur cette liste figure aussi la pilote ukrainienne militaire Nadia Savtchenko, détenue depuis l'été 2014 et accusée par Moscou de complicité dans la mort de deux journalistes russes tués par l'armée ukrainienne, .

De nombreux Tatars de Crimée opposés à l'annexion en 2014 de cette péninsule ukrainienne par Moscou figurent aussi dans cette liste, ainsi qu'environ 80 musulmans arrêtés pour appartenance à des organisations interdites comme le Hizb ut-Tahrir.

La Chronique des événements en cours a été la principale revue clandestine de la dissidence à l'époque soviétique. Elle a recensé les violations des droits de l'Homme en URSS de 1968 à 1983, date à laquelle elle s'est arrêtée, la plupart de ses animateurs ayant été envoyés dans les camps.

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