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09/12/2015 20:52 EST | Actualisé 09/12/2016 00:12 EST

La Chine promet des droits aux "enfants noirs" de l'administration

La Chine va permettre à des millions de ses citoyens dépourvus de documents d'état-civil, souvent des personnes nées en violation de la politique dite de l'enfant unique, de bénéficier d'une protection santé et d'un accès à l'éducation, ont annoncé jeudi les médias officiels.

Quelque 13 millions d'"enfants noirs", soit 1% de la population du pays, ne possèdent pas de permis de résidence permanente ("hukou"), un sésame indispensable d'une citoyenneté normale en Chine.

Certains sont orphelins, mais la plupart sont nés en-dehors du cadre de la politique controversée de limitation des naissances.

Les parents ayant un enfant de plus qu'autorisé par la loi doivent s'acquitter d'une lourde amende afin de légaliser le nouveau-né de trop et lui permettre d'obtenir des papiers.

Mais le non-paiement de cette pénalité par les familles modestes a généré de nombreux "enfants noirs", qui n'ont pas accès à l'école, ne peuvent être officiellement employés et font face à des obstacles pour voyager, entre autres difficultés.

Pékin a annoncé fin octobre que tous les couples chinois seraient désormais autorisés à avoir deux enfants, quelle que soit leur situation, et le gouvernement a promis mercredi de "résoudre pleinement le problème d'enregistrement du hukou pour les personnes non enregistrées" lors d'une réunion dirigée par le président chinois Xi Jinping en personne, selon un communiqué publié par l'agence officielle Chine nouvelle.

"S'enregistrer légalement pour obtenir un hukou est un droit fondamental que la loi confère aux citoyens", souligne le texte.

"C'est une condition préalable pour que les citoyens puissent participer aux activités sociales, bénéficier de droits et remplir leurs obligations", selon la même source, qui assure que "la politique de limitation des naissances sera déconnectée de l'enregistrement pour le hukou".

Des autorités locales ont déjà annoncé leur intention d'octroyer des "hukou" aux personnes dont les parents n'ont pas payé les amendes.

Mais la nouvelle politique devra être mise en place région par région, et des familles se sont déjà plaintes du fait qu'aucun changement n'a eu lieu "sur le terrain", malgré des promesses successives de réformes par les hauts dirigeants.

bur-ehl/jug/tll