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10/12/2015 04:41 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Journaliste égyptien arrêté: Berlin réclame des explications au Caire

Berlin a réclamé des explications au gouvernement égyptien après l'arrestation et le placement en détention, par l'Egypte, d'un journaliste spécialiste des mouvements jihadistes tout juste rentré d'Allemagne, a indiqué jeudi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Le gouvernement suit cette affaire attentivement et a demandé des éclaircissements au gouvernement égyptien", a déclaré la secrétaire d'Etat Maria Böhmer, dans une réponse écrite consultée par l'AFP à une question parlementaire des Verts.

Ismaïl Alexandrani, journaliste et chercheur célèbre pour ses écrits critiques à l'égard du pouvoir, a été interpellé le 29 novembre à l'aéroport de Hourgada, station balnéaire de la mer Rouge, à son retour de Berlin, où il participait à plusieurs conférences sur la situation politique en Egypte, selon son épouse Khadiga Gaafar.

Ahmed Abdel Nabi, l'un des avocats du journaliste, a affirmé que ce dernier avait été placé en détention provisoire le 1er décembre pour 15 jours, accusé "d'appartenance à une organisation illégale, la confrérie des Frères musulmans", de publication de "fausses informations dans l'objectif de nuire à l'intérêt national et de troubler la paix publique".

D'après la secrétaire d'Etat allemande aux Affaires étrangères, rien n'indique pour l'heure que M. Alexandrani ait pu "être interpellé sur la base d'informations précises fournies par l'ambassade d'Egypte à Berlin".

Ces dernières années, M. Alexandrani a publié plusieurs articles d'investigation sur la situation dans le nord du Sinaï, et il a été plusieurs fois primé pour ses travaux journalistiques.

Début novembre, un autre journaliste, Hossam Bahgat, également défenseur des droits de l'Homme, avait été brièvement arrêté pour un article révélant la tenue d'un procès militaire que l'armée n'avait pas officiellement confirmé ni réfuté.

Depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, le nord de la péninsule du Sinaï est le théâtre d'une insurrection jihadiste, et les attentats visant les forces de l'ordre se sont multipliés, tuant des centaines de policiers et de soldats.

Par ailleurs, le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée artisan de la destitution de M. Morsi, est régulièrement accusé par des organisations de défense des droits de l'Homme de réprimer toute voix dissidente.

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