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10/12/2015 07:45 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Incertitude pour l'extrême droite française à trois jours du scrutin régional

A trois jours du second tour d'un scrutin régional, dernière élection nationale en France avant une présidentielle en 2017, l'incertitude pointe sur le résultat final de l'extrême droite française triomphante dimanche lors de la première étape de la consultation.

44,6 millions d'électeurs sont appelés à élire les représentants des régions. Au premier tour, la formation Front National de Marine Le Pen était arrivée en tête dans six régions sur 13 en métropole, devant le parti de droite Les Républicains et la gauche au pouvoir.

Si le FN gagne dimanche dans le nord, "je vais pourrir la vie du gouvernement, vous m'entendez, chaque jour, de chaque semaine. Chaque minute de chaque jour ils entendront parler de moi et des habitants" de Calais, la ville de cette région où affluent des milliers de migrants cherchant à gagner l'Angleterre, a clamé Marine Le Pen.

"Et la première chose que je ferai, c'est de porter plainte, comme présidente, au nom de la région, contre l'Etat", a-t-elle promis jeudi sur les médias BFMTV et RMC.

Le Front national pourrait toutefois ne rien gagner dimanche, en fonction des reports de voix de la gauche vers la droite pour faire barrage au FN.

Au final, reconnaissent des dirigeants du parti sous couvert d'anonymat, "il y a une forte inconnue, pour nous et pour les autres. C'est tout ou rien, ça peut être trois régions, ça peut être zéro".

Selon plusieurs sondages publiés jeudi, Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, qui se présente dans le sud, sont données perdantes au second tour.

Marine Le Pen, 47 ans, a obtenu quelque 40% des voix dans le nord (région Nord-Pas-de-Calais-Picardie). Sa nièce Marion, 26 ans ce jeudi, a obtenu un score équivalent en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

- Politique claire ? -

Dans ces deux régions, les socialistes ont appelé à voter pour l'opposition de droite. "Je m'honore d'être le Premier ministre, le chef de la majorité qui a dit clairement les choses", a déclaré jeudi Manuel Vall. "La politique, surtout dans ces moments historiques que nous connaissons, n'exige pas du renvoi dos à dos, pas du +ni ni+", a-t-il poursuivi, en référence à la consigne "ni PS ni FN" de la droite et du chef de l'opposition Nicolas Sarkozy, "mais de la clarté".

Selon une enquête de l'institut TNS-Sofres pour les médias Le Figaro et LCI, Christian Estrosi (parti de droite Les Républicains) serait vainqueur au second tour face à Marion Maréchal-Le Pen, avec 54% des votes contre 46%. Dans le nord, Xavier Bertrand, également du parti Les Républicains, gagnerait contre Marine Le Pen avec 53% des voix contre 47%.

Selon un autre sondage, réalisé par l'institut Odoxa pour les médias Le Parisien-Aujourd'hui et BFMTV, Christian Estrosi l'emporterait (52% contre 48%). Un troisième sondage, de l'institut Harris interactive pour la chaîne de télévision M6, le donne aussi gagnant (51% contre 49%).

Pour plusieurs dirigeants FN interrogés par l'AFP, c'est vers le Grand Est et Florian Philippot, le stratège du parti, qu'il faut chercher la meilleure chance de succès. Le socialiste Jean-Pierre Masseret (16,1% au premier tour) a en effet refusé de se retirer en faveur de Philippe Richert (Les Républicains, 25,8%) malgré de fortes pressions de son parti.

Il s'agit du premier scrutin après les attentats de Paris du 13 novembre (130 morts, des centaines de blessés) et de la dernière élection nationale avant la prochaine présidentielle prévue en 2017.

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