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10/12/2015 06:30 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Génocide au Rwanda: huit inculpés par le TPIR encore en fuite

Après l'arrestation mercredi en République démocratique du Congo (RDC) de Ladislas Ntaganzwa, il reste huit responsables présumés du génocide de 1994 au Rwanda, inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), encore en fuite.

Félicien Kabuga

Né en 1935, l'homme d'affaires Félicien Kabuga, ancien petit marchand ambulant devenu l'un des hommes les plus riches du Rwanda, est présenté comme le "financier du génocide".

En 1994, M. Kabuga - dont une fille était marié à un fils du président rwandais Juvénal Habyarimana - appartenait au cercle restreint de ce dernier, dont l'assassinat, le 6 avril 1994, allait déclencher le génocide.

Il présidait la Radio télévision libre des mille-collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, et le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait "des fonds" destinés à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe, selon l'acte d'accusation.

Il est également accusé d'avoir "ordonné aux employés de sa société (...) d'importer un nombre impressionnant de machettes au Rwanda en 1993", avant de les faire distribuer en avril 1994 aux Interahamwe.

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d'être expulsé, Félicien Kabuga a ensuite temporairement rejoint Kinshasa. Il a été signalé en juillet 1997 à Nairobi, où il a échappé à une opération destinée à l'arrêter, puis à une autre en 2003, selon l'ONG spécialisée TRIAL.

Augustin Bizimana

Né en 1954, Augustin Bizimana était ministre de la Défense entre juillet 1993 et juillet 1994. A ce titre, "il exerçait une autorité sur tous les soldats des Forces armées rwandaises", souligne le TPIR dans son acte d'accusation.

Il est accusé de génocide, complicité de génocide et de divers crimes contre l'humanité (extermination, meurtres, viols, tortures, persécutions et autres actes inhumains) par le tribunal qui estime qu'il a donné des ordres pour que certains des crimes soient commis et n'a pas empêché des crimes dont il avait connaissance.

Il est soupçonné de s'être caché dans l'est de la RDC.

Protais Mpiranya

Le major Protais Mpiranya commandait la Garde présidentielle, unité d'élite de l'armée rwandaise et la plus active lors des massacres. Il est accusé d'entente en vue commettre le génocide, de génocide, complicité et crimes contre l'humanité.

Le TPIR l'accuse d'avoir participé à l'élaboration d'un plan visant à l'extermination des Tutsi, d'avoir supervisé l'entraînement des miliciens et de leur avoir distribué des armes, et d'avoir organisé, ordonné et participé aux massacres.

Phénéas Munyarugarama

Le lieutenant-colonel Phénéas Munyarugarama commandait un camp militaire de la préfecture de Kigali-Rural, dont les hommes "sont responsables des massacres dans la région du Bugesera", selon le TPIR. Il est accusé d'avoir harangué les militaires avant leurs expéditions et d'avoir distribué des armes à des civils en leur ordonnant d'éliminer les Tutsi.

Il est également accusé d'avoir été présent à l'église de Nyamata, quand de 2.500 à 5.000 civils y ont été massacrés le 14 avril 1994 par des militaires de son camp et des miliciens hutu.

Charles Sikubwabo et Aloys Ndimbati

Maires des communes de Gishyita et Gisovu, Charles Sikubwabo et Aloys Ndimbati sont accusés d'avoir joué un rôle prépondérant dans l'extermination des Tutsi de la préfecture de Kibuye (ouest), notamment en ordonnant aux gendarmes et policiers sous leur autorité de les attaquer, et en les transportant sur des lieux où certains de ces Tutsi s'étaient réfugiés.

Charles Ryandikayo

Né vers 1961, il était à l'époque restaurateur à Gishyita. Il est accusé d'avoir participé personnellement à des attaques contre les Tutsi, notamment celle de l'église de Mubuga - dans laquelle est également impliquée Charles Sikubwabo - où plusieurs milliers de Tutsi ont été tués.

Fulgence Kayishema

Alors inspecteur de police de la commune de Kivumu, Fulgence Kayishema est accusé par le TPIR d'avoir aidé à rassembler les Tutsi de la commune à l'église de Nyange en vue de les exterminer. Il est aussi accusé d'être allé chercher du carburant utilisé par les miliciens pour y mettre le feu.

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