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10/12/2015 03:44 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

France: l'ancienne patronne d'Areva entendue dans l'enquête sur le rachat d'Uramin

L'ancienne patronne d'Areva Anne Lauvergeon a été entendue en début de semaine par la police dans l'enquête française sur le rachat désastreux de la société minière canadienne Uramin, a appris l'AFP jeudi de sources proches de l'enquête.

L'ancienne numéro 1 du géant du nucléaire a été entendue lundi et mardi sous le statut de libre mis en cause et n'est pas mise en examen à ce stade de l'enquête, a déclaré l'une de ces sources. Contacté, son avocat Jean-Pierre Versini-Campinchi "ne confirme ni n'infirme" cette information, "s'agissant d'une procédure couverte par le secret".

La société Uramin, qui ambitionnait d'exploiter des gisements d'uranium dans trois pays africains, Namibie (Trekkopje), Afrique du sud (Ryst Kuil) et Centrafrique (Bakouma), avait été achetée pour environ 1,8 milliard d'euros en 2007. Mais l'exploitation de ces gisements s'est avérée beaucoup plus difficile que prévu.

Après le départ de sa dirigeante emblématique, Anne Lauvergeon, en 2011, Areva avait divisé par cinq la valeur de cette société et le groupe avait dû inscrire dans ses comptes de 2010 et 2011 des provisions de près d'1,9 milliard d'euros - 426 millions d'euros en 2010, liés à la baisse prévue des prix de l'uranium et au retard de l'exploitation de la mine de Trekkopje (Namibie), puis 1,460 milliard d'euros fin 2011.

Cette réévaluation était due essentiellement à la crise du secteur nucléaire après la catastrophe de Fukushima, s'était défendue Anne Lauvergeon.

En avril 2014 une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet national financier (PNF). Cette enquête avait débouché sur une information judiciaire pour escroquerie, abus de bien social et corruption d'agent public étranger.

Une autre information judiciaire concerne des délits présumés de fausses informations boursières, de présentation de comptes inexacts, d'abus de pouvoir, de faux et d'usage de faux, des délits présumés susceptibles d'avoir été commis entre 2009 et 2011.

En mars 2012, un rapport parlementaire avait largement repris les conclusions du comité d'enquête interne d'Areva sur l'acquisition d'Uramin, qui avait estimé qu'elle n'avait pas donné lieu à des manoeuvres frauduleuses, mais avait été entachée par des "dysfonctionnements" en matière de gouvernance.

Ce rapport estimait aussi que l'acquisition s'était révélée être "un pari industriel, non illégitime pour Areva, mais trop coûteux".

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