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10/12/2015 04:42 EST | Actualisé 10/12/2015 04:42 EST

Difficile de lutter contre le financement du groupe armé État islamique

Radio-Canada

Le financement du groupe armé est une cible difficile à atteindre, car celui-ci tire son revenu de l'activité économique des régions contrôlées, selon le vice-trésorier américain Adam Szubin.

Lors d'une conférence à Londres, M. Szubin a affirmé que le revenu de l'État islamique (EI) provenait essentiellement de la vente de pétrole sur le marché noir (plus de 500 millions de dollars engrangés), de pillages dans les banques des zones contrôlées en Syrie et en Irak (entre 500 millions et un milliard de dollars) et d'extorsions violentes (des millions) aux populations soumises.

« Contrairement à d'autres groupes terroristes, l'EI tire une faible partie de ses ressources de donateurs extérieurs. Il génère plutôt de la richesse grâce à l'activité économique dans les territoires qu'il contrôle. »

— Adam Szubin, vice-trésorier américain

Le vice-trésorier a par ailleurs confirmé que le groupe armé vendait, en passant par la Turquie, de grandes quantités de pétrole au régime syrien de Bachar al-Assad. Ce trafic générerait à lui seul 40 millions de dollars par mois.

Le système de financement de l'EI possède toutefois ses « vulnérabilités ». Il a constamment besoin de fonds pour payer ses troupes, ses armes, ses infrastructures et fournir aux populations contrôlées des services de base, explique M. Szubin. Il doit aussi pouvoir accéder au système financier pour réaliser des opérations de transferts et d'importation de marchandises.

Blocage de l'accès au système financier et frappes ciblées

Le vice-trésorier américain a précisé que les États-Unis se concentraient sur deux enjeux pour tenter d'affaiblir les sources de revenus du groupe armé : bloquer l'accès au système financier et frapper des cibles précises.

« Réduire la force de frappe financière de l'EI est cruciale pour affaiblir [...] sa revendication d'être un État », a-t-il poursuivi.

Les États-Unis travaillent avec le gouvernement irakien pour s'assurer que les banques des territoires contrôlés par l'EI soient privées d'accès au système financier.

Les autorités turques, a poursuivi M. Szubin, devraient également « en faire plus » pour empêcher l'EI de faire transiter par la Turquie de l'argent en provenance d'Irak et de Syrie.

Les forces américaines réalisent par ailleurs des frappes aériennes ciblées contre des chefs supposés de l'appareil financier du groupe djihadiste. Jeudi, elles affirmaient avoir abattu Abou Salah, le trésorier de l'EI.

Les ministres des Finances du Conseil de sécurité de l'ONU consacreront une réunion exceptionnelle à la question du financement de l'EI le 17 décembre à New York.

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