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09/12/2015 20:45 EST | Actualisé 09/12/2016 00:12 EST

Etat islamique: quatre semaines après l'appel de Hollande, une solidarité limitée

Quatre semaines après l'appel du président français Francois Hollande à une "coalition unique" pour vaincre l'Etat islamique (EI), la solidarité internationale reste timide, et l'action sur le terrain reste en ordre dispersé.

Quelle réponse concrète à l'appel à l'aide de Paris après les attentats du 13 novembre, revendiqués par l'EI ?

- Le Royaume Uni a commencé le 3 décembre à bombarder l'EI en Syrie, à la demande du Premier ministre David Cameron. Mais le gouvernement défendait depuis des mois une extension à la Syrie des frappes menées par la RAF en Irak. Les attentats ont permis à Londres d'accélérer le mouvement.

- En Allemagne, les députés viennent d'autoriser le déploiement de 1.200 soldats et d'une demi-douzaine d'avions de reconnaissance pour les opérations contre l'EI. Mais ce pays ne bombardera pas. Berlin a aussi annoncé fin novembre l'envoi de 650 soldats au Mali pour soulager les militaires français impliqués dans ce pays.

Quid des Etats-Unis, qui viennent de subir eux aussi une attaque inspirée par l'EI (14 morts le 2 décembre)?

Les Américains, qui poursuivent leurs frappes aériennes en Syrie et Irak dans le cadre d'une coalition internationale, ont annoncé l'envoi de 200 membres des forces spéciales en Irak, qui pourraient être soutenus par des hélicoptères d'attaque, avec pour mission de s'en prendre aux dirigeants de l'EI, y compris en Syrie si nécessaire. Depuis les attentats, Washington et Paris coopèrent mieux au niveau du renseignement. Les Etats-Unis ont aussi commencé à bombarder les infrastructures pétrolières tenues par l'EI, ce qu'elle rechignait à faire auparavant.

Et de la Russie, victime elle aussi d'un attentat revendiqué par l'EI (224 morts dans la destruction d'un avion de ligne le 31 octobre)?

Moscou, qui appelait dès juin à une "coalition large" contre l'EI, a accepté de coordonner avec la coalition ses frappes aériennes en Syrie contre l'EI, mais une planification commune des opérations n'a pas pour le moment vu le jour, relèvent les experts. Accusées de concentrer leurs frappes sur les rebelles modérés en lutte contre le régime syrien, son allié, les forces russes affirment viser aussi maintenant les positions de l'EI, dont Raqa, le QG de l'organisation en Syrie.

Qu'en est-il des pays arabes ?

Les pays du Golfe ont été parmi les premiers à se joindre militairement à la coalition anti-EI dirigée par Washington, en 2014. Mais en mars 2015, ces mêmes pays, sous la conduite de Ryad, ont décidé d'intervenir au Yémen où ils percevaient une menace iranienne incarnée par les rebelles chiites Houthis. Leurs contributions à la coalition ont alors fortement diminué. Fin novembre, les Emirats arabes unis ont annoncé être "prêts à participer à tout effort international nécessitant une intervention terrestre pour combattre le terrorisme". Cette idée de force régionale est envisagée par Washington et Paris, mais qui refusent d'y participer avec des troupes.

Et de l'Iran ?

Puissance musulmane chiite régionale, l'Iran est engagée, sans concertation avec Paris, dans le combat contre l'EI sunnite en Irak. En Syrie, Téhéran a envoyé des conseillers militaires et des volontaires en soutien à une armée syrienne à bout de souffle face à l'opposition armée. A la mi-novembre, François Hollande et son homologue iranien Hassan Rohani avaient souligné "l'importance vitale de lutter de toutes leurs forces contre Daech (acronyme en arabe de L'Etat islamique) et le terrorisme", selon Paris.

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