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10/12/2015 07:09 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Démission du chef du renseignement afghan, en conflit avec le président

Le chef de la principale agence de renseignement afghan a démissionné jeudi, opposé au rapprochement avec le Pakistan tenté par le président Ashraf Ghani pour relancer les pourparlers de paix avec les talibans.

La démission de Rahmatullah Nabil intervient après une série d'attaques talibanes, dont une offensive de 27 heures contre l'aéroport de Kandahar qui a fait 50 morts, pire attaque contre la plus importante installation militaire du sud du pays en quatorze ans de guerre.

Dans sa lettre de démission, M. Nabil a dénoncé "le manque d'accord sur les questions politiques" et les restrictions imposées par le président Ghani qui l'ont empêchées selon lui d'accomplir son travail.

La veille, le chef du renseignement avait publié un message au vitriol sur Facebook à l'occasion de la visite médiatisée du président Ashraf Ghani à Islamabad, qui exerce de longue date une considérable influence sur les talibans, pour une conférence régionale dans l'espoir de relancer les négociations de paix avec la rébellion.

"Au moment où nos compatriotes étaient martyrisés et décapités à l'aéroport de Kandhar (...) le Premier ministre (pakistanais, ndlr) Nawaz Sharif désignait une fois de plus l'Afghanistan comme un ennemi du Pakistan", avait-il déclaré.

Les services du président Ghani n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour commenter cette démission.

Le départ de M. Nabil est un nouveau coup porté à l'appareil sécuritaire afghan, déjà affaibli par l'absence de ministre la Défense, et peinant à contenir l'insurrection talibane.

"La démission de Nabil met en lumière les défis auxquels fait face (le président) Ghani après son ouverture diplomatique vers le Pakistan, blâmé de longue date pour les troubles en Afghanistan", a déclaré l'analyste militaire basé à Kaboul Mirza Mohammad Yarmand.

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