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09/12/2015 20:54 EST | Actualisé 09/12/2016 00:12 EST

Corée du Sud: un syndicaliste retranché dans un temple bouddhiste se rend à la police

Un syndicaliste sud-coréen réfugié depuis plus de trois semaines dans un grand temple bouddhiste de Séoul s'est rendu jeudi à la police qui l'accuse d'incitation à la violence lors d'une manifestation.

A l'issue de négociations entre la police et les responsables bouddhistes, Han Sang-Gyun est sorti du temple de Jogye qui était encerclé par des centaines de policiers.

M. Han, qui dirige la Confédération coréenne des syndicats, avait trouvé refuge sur le site bouddhiste à la suite d'une manifestation antigouvernementale géante, le 14 novembre.

Il était accusé d'incitation à la violence. La manifestation avait donné lieu à de nombreux affrontements entre forces de l'ordre et policiers.

La police, qui avait émis un mandat d'amener à son encontre, lui avait donné un ultimatum de 24 heures pour se rendre.

Cet ultimatum est arrivé à expiration mercredi soir mais les policiers ont renoncé à mener une descente dans le temple lorsque le dirigeant de l'Ordre de Jogye, la principale organisation bouddhiste de Corée du Sud avec des millions de fidèles, avait réclamé un délai supplémentaire.

Les lieux de culte en Corée du Sud représentent traditionnellement un refuge pour les militants politiques. Dans les années 1980, de jeunes partisans de la démocratie fuyant la police avaient l'habitude de se réfugier dans les églises catholiques.

La loi n'interdit pas aux policiers d'entrer dans les lieux de culte mais ils choisissent habituellement de ne pas le faire pour ne pas se mettre à dos l'opinion publique.

La dernière descente de police au temple de Jogye remonte à 2002. L'opération des policiers, qui voulaient en extirper sept syndicalistes, avait suscité un tollé.

M. Han a été autorisé à s'adresser aux médias avant de monter à bord d'un véhicule de police, menottes aux poignets.

"Je lutte pour empêcher l'adoption de lois destinées à faciliter le licenciement des salariés. Il semblerait que cela ait fait de moi l'ennemi public numéro un", a-t-il déclaré. "Je vais porter mon combat devant la justice et en prison s'il le faut".

La manifestation du 14 novembre, dans laquelle le syndicat de M. Han a joué un rôle important, a réuni environ 60.000 personnes qui voulaient protester contre la réforme du code du travail et d'autres projets du gouvernement.

Lors des affrontements, la police avait fait usage de canons à eau et de gaz au poivre pour disperser les manifestants.

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