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10/12/2015 02:49 EST | Actualisé 10/12/2016 00:12 EST

Chine: procès la semaine prochaine d'un avocat éminent défenseur des droits de l'homme

Pu Zhiqiang, l'un des plus éminents juristes défenseurs chinois des droits de l'homme, sera jugé la semaine prochaine à Pékin, après un an et demi de détention, pour avoir posté en ligne des commentaires critiquant le régime, a indiqué son avocat jeudi à l'AFP.

Lui même avocat, Pu Zhiqiang, 50 ans, avait notamment défendu des victimes de camps de rééducation ainsi que le célèbre artiste Ai Weiwei, une bête noire des autorités communistes.

M. Pu est accusé d'"incitation à la haine ethnique", d'avoir "provoqué des querelles et fomenté des troubles", des charges qui lui font encourir une peine maximale totale de huit ans, a expliqué à l'AFP son avocat, Mo Shaoping.

A partir de lundi, la Deuxième Cour intermédiaire populaire de Pékin examinera les éléments à charge retenus à son encontre: sept brefs textes postés sur son compte de microblogs Sina Weibo.

Dans l'une de ces notes, il remettait en question la version officielle d'une attaque à l'arme blanche imputée à des assaillants originaires de la région à dominante musulmane du Xinjiang. Dans une autre, il avait accusé le Parti communiste de mentir.

Dans un pays où la justice reste étroitement contrôlée par les autorités politiques, la condamnation de Pu Zhiqiang est quasi-certaine.

Depuis l'arrivée à la tête de l'Etat-Parti chinois du président Xi Jinping, Pékin a nettement durci la répression des voix critiques émanant de la société civile --juristes, militants et universitaires--, avec des centaines d'interpellations. Plusieurs dizaines d'avocats défenseurs des droits de l'homme avaient été détenus en juillet dernier à travers tout le pays.

Pu Zhiqiang avait été durant un temps célébré par les médias étatiques, qui saluaient son combat pour réclamer des indemnités pour les anciens prisonniers de camps de "rééducation par le travail" --un système qui avait finalement été aboli par Pékin en 2013.

M. Pu "a insulté autrui, troublé l'ordre public et doit être tenu criminellement responsable", avaient indiqué en avril dernier les procureurs pékinois.

Plusieurs ONG tout comme les Etats-Unis avaient exprimé leurs inquiétudes et demandé sa libération.

Selon son épouse, Pu Zhiqiang, doté d'une santé précaire et souffrant notamment de diabète et d'hypertension, a subi en prison des mauvais traitements équivalant à une "torture inhumaine, physique et mentale", avec des interrogatoires de dix heures par jour durant ses premiers mois de détention.

M. Pu avait été arrêté mi-2014, peu après une petite réunion privée commémorant le 25e anniversaire de la répression sanglante en juin 1989 des manifestations pro-démocratiques de la place Tian'anmen.

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