POLITIQUE
07/12/2015 01:15 EST | Actualisé 07/12/2015 02:50 EST

Les conservateurs dénoncent l'interventionnisme du gouvernement Trudeau (VIDEO)

À la Chambre des communes, l'opposition conservatrice s'engage à agir comme « chien de garde des contribuables » face au gouvernement libéral de Justin Trudeau, qu'elle accuse d'entretenir une véritable « dévotion » envers l'activisme politique.

Dans sa réplique au discours du Trône de la semaine dernière, la chef conservatrice par intérim Rona Ambrose a fait savoir lundi que son parti considère que ce parti pris des libéraux pour l'interventionnisme est troublant pour deux raisons.

Selon elle, cela se traduit par un gouvernement « dépensier », alors que le Parti conservateur croit que les citoyens savent mieux comment gérer leur argent, et un gouvernement « intrusif », qui entrave les libertés individuelles.

« D'où viendra l'argent pour payer tout ça? », a-t-elle demandé, en laissant planer la menace d'importants déficits, de hausses de taxes et d'impôts et de réduction de programmes gouvernementaux qui attendent les Canadiens, selon elle.

Mme Ambrose a par ailleurs salué la décision du gouvernement Trudeau de revoir son échéancier pour l'accueil des 25 000 réfugiés syriens attendus, afin de « minimiser les risques » pour la sécurité du pays.

Du même souffle, elle l'a invité à revenir sur sa décision de retirer les CF-18 de la coalition internationale qui combat le groupe armé État islamique (EI) en Syrie. Le cas échéant, l'opposition conservatrice donne son appui au gouvernement.

Selon elle, il est « alarmant » de constater que le discours du Trône a passé sous silence la nécessité de combattre EI, et le travail des militaires canadiens qui y travaillent depuis maintenant plus d'un an.

N'ayant pas le statut de parti officiel à la Chambre des communes, le Bloc québécois n'a pas pu répliquer au discours du Trône, puisqu'il n'a pas obtenu l'autorisation unanime des partis pour le faire. Les conservateurs n'ont pas donné leur consentement.

Dans son adresse à la nation d'hier soir, a poursuivi Mme Ambrose, le président américain Barack Obama a évoqué la contribution de certains alliés à cette lutte, soit la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, mais n'a pas parlé du Canada.

Selon la chef conservatrice par intérim, pendant que les leaders du monde occidental se penchent sur cette question, Justin Trudeau était « consumé par la prise d'égoportraits ».

Pour Mme Ambrose, il est faux de dire que le « Canada est de retour », comme aime le dire le premier ministre; le Canada, dit-elle, « recule » (Canada isn't back, Canada is backing away).

Elle a aussi critiqué le fait que le discours du Trône ne fasse aucune mention d'un plan économique pour soutenir la création d'emplois, et passe sous silence les difficultés des secteurs automobile, énergétique et agricole. Le gouvernement n'a aussi rien dit sur le Partenariat transpacifique, a-t-elle déploré.

Les baisses d'impôt promises se concrétiseront mercredi

Prenant la parole à son tour, le premier ministre Justin Trudeau a repris les grandes lignes du discours du Trône. Il a précisé que la motion qui abaissera de 22 % à 20,5 % le taux d'imposition des Canadiens qui gagnent entre 44 700 $ et 89 401 $ sera déposée mercredi.

L'allocation canadienne mensuelle pour enfants, qui remplacera plusieurs mesures d'aide aux familles créées par les conservateurs, sera pour sa part présentée lors du prochain budget fédéral, a-t-il précisé.

Répliquant à son tour au discours du Trône, le chef de la deuxième opposition, le néo-démocrate Thomas Mulcair, a proposé que le baisse d'impôts promise par les libéraux s'appliquent aussi aux Canadiens qui ont un revenu de 11 000 $ à 44 700 $.

Il a argué que le plan libéral ne s'appliquera qu'aux « mieux nantis » et n'offre rien « à une famille de la classe moyenne gagnant 45 000 $ par année ». En élargissant ses baisses d'impôt, le gouvernement libéral respecterait « l'esprit » de sa promesse, a-t-il dit.

M. Mulcair a aussi souligné que le discours du Trône ne mentionne aucunement l'engagement libéral à ramener l'âge de la retraite de 67 à 65 ans, ni les mesures de surveillance accrues dans la foulée de l'adoption de la loi antiterroriste ou le rétablissement de la livraison du courrier à domicile par Postes Canada.

De manière plus générale, Thomas Mulcair a souligné qu'il apprécie le changement de ton et les engagements annoncés par le gouvernement, dont celle de tenir une enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Maintenant, « il faut que les bobines suivent les babines », a-t-il ajouté.

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