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06/12/2015 06:28 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

Venezuela: le gouvernement socialiste de Maduro subit un test aux législatives

CARACAS, Venezuela — Le système socialiste du Venezuela mis en place par le défunt président Hugo Chavez subit son test électoral le plus important dans le cadre des élections législatives qui ont lieu ce dimanche.

Les Vénézuéliens ont commencé à s'agglutiner aux portes des bureaux de scrutin avant même leur ouverture, certains craignant que des violences n'éclatent plus tard en journée.

Jusqu'à récemment, l'opposition semblait être assurée de sa plus grande victoire depuis l'élection d'Hugo Chavez en 1998, alors que la population semblait exaspérée de la criminalité endémique, des pénuries fréquentes de biens essentiels et de l'inflation qui grimpe dans les trois chiffres. La crise économique au pays s'est aggravée avec la chute des prix du pétrole, qui financent la bonne majorité des dépenses publiques.

Or, l'appui au président Nicolas Maduro — un indicateur fiable dans le pays fortement divisé — a récemment augmenté de 11 points, à 32 pour cent, à la fin du mois de novembre selon un sondage réalisé par la firme Datanalisis.

Les analystes ont expliqué ce mouvement par la campagne agressive du gouvernement dans certaines régions clés. Le gouvernement Maduro a signalé aux électeurs que l'héritage de M. Chavez serait perdu si l'opposition prenait le contrôle de l'Assemblée nationale.

Une mince majorité de l'opposition dans la chambre de 167 sièges pourrait créer des problèmes mineurs au président. Elle pourrait entre autres refuser de débloquer du budget pour que Maduro puisse voyager, ou instaurer des comités pour évaluer son bilan exécutif.

Certains radicaux ont promis de tenir un référendum pour écourter le mandat du président, dont la fin est prévue en 2019 à l'heure actuelle — ce qui s'annonce un processus laborieux. Pour ce faire, l'opposition devrait proposer de nouvelles lois nécessitant l'appui d'au moins les trois cinquièmes de la chambre, ou 101 sièges. De plus, M. Maduro contrôle d'autres branches de pouvoir de l'État, dont la Cour suprême, qui pourraient contrebalancer les démarches de l'opposition.

Il serait aussi possible que la coalition de l'opposition gagne une bonne majorité du vote populaire, mais sans remporter de majorité à l'assemblée législative en raison d'une sous-représentation des zones urbaines — qui tendent à appuyer l'opposition.

Les partis qui se présentent contre le président disposent de peu de ressources et n'ont qu'un accès restreint aux médias nationaux, ce qui les freine dans leur volonté de contrer la machine électorale du gouvernement. En 2010, les partis étaient presque à égalité, et le gouvernement avait fini par élire 33 nouveaux députés en raison du système électoral complexe.

Mais même une mince victoire serait un levier important pour l'opposition. Le parti socialiste évoque souvent sa longue liste de victoires électorales depuis 17 ans pour se défendre contre ceux qui l'accusent d'être antidémocratique.

Plus de 163 000 policiers et soldats ont été déployés au pays en vue de l'élection, mais la population craint malgré tout les violences. M. Maduro a réitéré sa promesse cette semaine de descendre dans les rues si son parti perdait, alors que les chefs de l'opposition ont indiqué qu'une défaite pour eux signifierait que le gouvernement a triché.