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06/12/2015 12:57 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

Obama va s'adresser solennellement aux Américains après la tuerie en Californie

Le président Barack Obama va s'adresser aux Américains dimanche, dans une rare allocution depuis le Bureau ovale, quatre jours après la tuerie en Californie pour laquelle la piste terroriste est privilégiée et qui a été saluée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Dimanche à partir de 20H00 (01H00 GMT lundi), le président américain s'adressera solennellement à ses compatriotes depuis le Bureau ovale, où il s'appliquera à nouveau à les rassurer, avec un discours centré sur "les mesures que notre gouvernement prend pour faire face à sa priorité absolue: assurer la sécurité du peuple américain", a indiqué la Maison Blanche.

"Le président fera un point sur l'enquête en cours à propos de l'attaque tragique de San Bernardino" et évoquera "la menace terroriste en général, y compris la nature de la menace, son évolution, et comment nous allons la vaincre".

La dernière fois que M. Obama avait prononcé un discours à la nation depuis le Bureau ovale remonte à août 2010, quand il avait annoncé la fin des opérations de combat en Irak.

La ministre de la Justice Loretta Lynch a suggéré dimanche sur NBC qu'il parlerait des mesures de sécurité prises "non seulement depuis le 11-Septembre mais depuis (les attentats de) Paris", qui ont fait 130 morts.

"On va aussi sans doute l'entendre appeler le Congrès (...) à agir" et "demander aux Américains de ne pas céder à la peur", a-t-elle ajouté.

Le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson affirme dans le New York Times que les jihadistes ont "sous-traité leurs tentatives d'attaquer notre patrie" et "cela nécessite une toute nouvelle approche".

Les adversaires républicains du président n'ont pas manqué dans les émissions politiques de dimanche de dénoncer sa politique face à l'islamisme.

Obama "est complètement à côté de la plaque" quand il dit que "le réchauffement climatique est notre premier problème", a estimé Donald Trump.

L'attaque de mercredi a fait 14 morts et 21 blessés à San Bernardino, en Californie. Les auteurs, Tashfeen Malik, 29 ans, et son époux Syed Farook, 28 ans, ont été abattus après une fusillade nourrie avec la police.

Samedi, l'EI a salué les auteurs du massacre qu'elle qualifie de "soldats" de son califat autoproclamé, sans pour autant revendiquer leur action.

La police fédérale américaine, le FBI, a souligné la "minutieuse préparation" des tueurs et affirmé qu'elle privilégiait "l'hypothèse d'un acte terroriste".

Si cette piste était confirmée, ce serait l'attentat le plus meurtrier aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.

- Farook 'obsédé par Israël' -

Le FBI a annoncé dimanche avoir perquisitionné une propriété à Riverside (Californie). Selon NBC News, le FBI a fouillé la maison de Enrique Marquez, un ami de Farook ayant acheté les fusils d'assaut utilisés dans la fusillade, mais qui n'est pas considéré comme suspect.

Les enquêteurs du FBI ont trouvé chez le couple "des signes de radicalisation" et une "inspiration potentielle par des organisations terroristes étrangères", mais rien n'indique qu'ils faisaient partie d'un réseau organisé ou d'une "cellule", a insisté le chef du FBI, James Comey.

Les autorités étudient une page du réseau social Facebook sur laquelle Malik aurait fait acte d'allégeance au groupe EI.

Le père de Syed Farook, qui porte le même nom, a par ailleurs affirmé au quotidien italien La Stampa que son fils "était d'accord avec l'idéologie du (chef de l'EI Abou Bakr) al-Baghdadi pour créer l'Etat islamique et il était obsédé par Israël".

Le couple d'origine pakistanaise, parents d'une fillette de six mois avait planifié le massacre perpétré lors d'un déjeuner de Noël pour les employés des services de santé locaux, où travaillait Farook.

Selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, proche du pouvoir, Malik est arrivée une première fois en Arabie saoudite en juillet 2008, pour y résider pendant deux mois, puis elle est revenue, cinq ans plus tard, pour y passer quatre mois.

Cette femme est le "joker" des enquêteurs, qui cherchent à savoir notamment si elle a fréquenté la mosquée Rouge d'Islamabad, réputée radicale, a affirmé dimanche le président de la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants, Michael McCaul, sur Fox.

Selon lui, le FBI procède actuellement "à plus d'une (arrestation) par semaine" liée à l'EI.

Vu leur arsenal de milliers de munitions, d'explosifs et d'armes à feu, les autorités n'excluent pas qu'ils préparaient une autre attaque.

La tuerie a par ailleurs, une fois de plus, ravivé le débat sur le contrôle des armes aux Etats-Unis.

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