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05/12/2015 20:45 EST | Actualisé 05/12/2016 00:12 EST

Mieux respecter le droit de la guerre: la Croix-Rouge organise une conférence internationale

Chaque jour le droit de la guerre est bafoué, des travailleurs humanitaires sont enlevés, blessés, tués, des hôpitaux pris pour cible. Face à ces violations, les Etats vont se prononcer cette semaine à Genève lors d'une conférence de la Croix-Rouge sur un mécanisme de suivi proposé par la Suisse.

Organisée tous les quatre ans depuis environ 150 ans, la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge permet de débattre des enjeux de l'aide humanitaire et donne lieu parfois à de nouvelles règles internationales en matière du droit de la guerre.

Organe suprême du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, la Conférence réunit les 189 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, leur Fédération internationale, le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) et les 196 Etats parties aux Conventions de Genève, soit quelque 2.000 participants.

En 1949, la communauté internationale a adopté la version moderne des célèbres Conventions de Genève, censées fixer des limites à la barbarie de la guerre.

Mais plus d'un demi-siècle après, il ne se passe pas un jour sans que les Nations unies ne dénoncent les violations et atteintes au droit international humanitaire commises par les parties lors de tel ou tel conflit.

L'ensemble des participants à la Conférence seront donc appelés à se prononcer sur une résolution, proposée par la Suisse, qui vise à mener à l'avenir un dialogue régulier sur l'application du droit international humanitaire à travers la création d'un "forum non politisé et à participation volontaire".

Il s'agit de mettre en place un "mécanisme de rapport et d'identification des problèmes", a expliqué le commissaire de la Conférence, l'ambassadeur suisse Nicolas Lang. L'idée, a-t-il expliqué aux médias, est de réunir régulièrement, une fois par an, les diplomates, mais aussi des militaires qui sont confrontés à la réalité de l'application du droit de la guerre, pour discuter des violations du droit et de ce qu'il est possible de faire pour améliorer le respect de ces normes.

Certains Etats redoutent que ce système devienne un tribunal. Il n'est donc pas sûr qu'un consensus puisse être établi pour adopter la résolution.

- Protéger les humanitaires -

Cette année, la Conférence devra également se prononcer sur une résolution visant à mieux protéger le personnel de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, soit 17 millions de personnes. Un défi de taille alors que les besoins en assistance humanitaire sont immenses.

La Suisse espère faire par ailleurs adopter par le plus grand nombre de pays un texte demandant à chaque Etat de s'engager davantage pour protéger l'ensemble des travailleurs humanitaires, qu'ils soient membres de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou pas, a expliqué la diplomate suisse Anne Riedmatten.

"Les centres sanitaires, les travailleurs sanitaires sont bien plus ciblés qu'ils ne l'étaient avant", a expliqué à l'AFP le directeur général du CICR, Yves Daccord. "Avant c'était des victimes collatérales. Aujourd'hui, dès les premiers jours d'un conflit, les parties essaient de contrôler la population, et pour cela ils mettent une pression énorme sur les hôpitaux, sur les médecins, et nous constatons cela en Syrie, en Afghanistan, au Yémen", a-t-il dit.

A Genève, les discussions porteront aussi cette semaine sur les violences sexuelles, les migrations, les catastrophes naturelles ou encore l'accès aux personnes vivant sous contrôle de groupes considérés comme terroristes par la communauté internationale.

Les résolutions, non contraignantes mais disposant d'une grande force morale selon les experts, doivent être adoptées par consensus ou, à défaut, par un vote: chaque Etat et chaque société nationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge disposent d'un vote.

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