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06/12/2015 08:30 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

Les Arméniens votent pour un projet de réforme constitutionnelle controversé

Les Arméniens ont voté dimanche pour se prononcer par référendum sur une réforme constitutionnelle dénoncée par l'opposition comme une manoeuvre du président Serge Sarkissian pour se maintenir au pouvoir après la fin de son mandat.

Le projet de réforme constitutionnelle prévoit un rôle honorifique pour le président de cette ex-république soviétique du Caucase, qui serait élu par le Parlement pour un mandat de sept ans au lieu de cinq actuellement et donne la prééminence au Premier ministre.

Mais pour l'opposition, la réforme a pour but de permettre au président, un ancien militaire prorusse, de garder le pouvoir lorsqu'il devra quitter ses fonctions en 2018 au terme de son second mandat. Il pourrait alors devenir, selon l'opposition, Premier ministre.

Alors qu'il avait nié par le passé tout projet de rester au pouvoir au-delà de 2018, M. Sarkissian, âgé de 61 ans et au pouvoir depuis 2008, se refuse désormais de commenter sa promesse antérieure.

"Si ces amendements sont adoptés, ils vont perpétuer le pouvoir de Sarkissian", a tempêté Aram Manoukian, élu du parti d'opposition Congrès national arménien.

Quelque 5.000 personnes avaient manifesté mardi à Erevan, capitale de l'Arménie contre le projet de réforme, à l'appel d'une coalition de partis d'opposition.

Le chef de file du parti d'opposition Héritage, Armen Martirossian, a dénoncé dimanche des violations multiples dans les bureaux de vote et appelé les électeurs à descendre de nouveau dans la rue après la fin du scrutin.

"Ces changements vont permettre de rendre plus efficaces la coopération entre les différentes branches du gouvernement (...) et faciliter le développement économique et la protection des droits de l'homme", avait plaidé M. Sarkissian jeudi.

"Si les amendements sont adoptés, l'Arménie aura un Parlement plus fort et une opposition plus forte avec plus de poids pour influencer les prises de décision", a assuré la députée du Parti républicain (au pouvoir) Margarita Essayan, interrogée par l'AFP.

De son côté, la Commission européenne pour la démocratie par le droit, aussi appelée commission de Venise - organe consultatif du Conseil de l'Europe- a qualifié cette réforme de "un pas en avant dans la transition démocratique" de l'Arménie.

La participation s'élevait à 50,51% à la fermeture des bureaux de vote à 16H00 GMT, selon la commission électorale.

Dans un bureau de vote de la capitale Erevan, Sargis Aslanian, 72 ans, a expliqué à l'AFP avoir voté contre la réforme, dénonçant "des hommes politiques avides de pouvoir qui s'accrochent à leurs sièges". "Les gens ont besoin d'emplois, pas d'une nouvelle constitution", a-t-il a jugé.

A l'inverse, Tatev Kirakossian, vendeur de 28 ans, a voté "oui car tout ce qui est fait pour améliorer la situation de l'Arménie doit être salué".

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