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06/12/2015 02:17 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

L'OTAN serait prête à "assister" un futur gouvernement libyen (Stoltenberg)

L'OTAN sera disposée à "assister" un gouvernement d'unité nationale en Libye si celui-ci en faisait la demande, indique dans une interview son secrétaire général, Jens Stoltenberg, hostile à toute opération militaire de l'Alliance dans ce pays.

"En Libye, nous nous tenons prêts à assister un gouvernement national s'il nous en fait la demande", explique M. Stoltenberg dans cette interview accordée au quotidien Repubblica et d'autres journaux européens et publiée dimanche, alors qu'une conférence internationale est prévue le 13 décembre à Rome pour donner une impulsion à un accord sur un gouvernement national.

Cependant, a précisé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, "nous ne discutons pas d'une nouvelle grande opération militaire en Libye, et d'ailleurs, je ne suis pas prêt à la recommander. Mais, si un gouvernement d'unité nationale se formait, nous sommes prêts à l'aider en lui fournissant de l'assistance".

Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a répondu pour sa part au quotidien Corriere della Sera sur l'absence de réaction militaire de l'Italie face au groupe Etat islamique (EI). Dans cette interview publiée dimanche, il pointe du doigt le cas libyen et se montre hostile à toute intervention militaire en Libye.

Faisant allusion à l'opération de l'OTAN en 2011 pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, M. Renzi ajoute: "Si être protagoniste signifie en rajouter sur les bombardements des autres, je dis: non merci! Nous avons déjà donné. L'Italie a utilisé cette stratégie en Libye en 2011. Nous avons cédé à contre-coeur à la position de Sarkozy. Quatre ans de guerre civile en Libye démontrent que cela n'a pas été un choix judicieux. Et qu'il y a besoin aujourd'hui d'une autre stratégie".

"Ce dont nous n'avons pas besoin, c'est d'une multiplication des réactions pontuelles sans vision stratégique. Nous pouvons tout nous permettre sauf une Libye bis", ajoute-t-il, alors que le journal lui demande pourquoi l'Italie semble en retrait dans la coalition anti-EI au Moyen-Orient.

L'Italie a convoqué avec les Etats-Unis une conférence à Rome pour pousser les parties libyennes à signer un accord au plus vite sur un gouvernement d'unité nationale, "unique base pour contrecarrer" l'EI, a annoncé récemment le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.

L'Italie, en première ligne face au chaos libyen, qui a favorisé l'arrivée de centaines de milliers de migrants sur ses côtes, s'inquiète de la montée en puissance de l'EI. Elle a affirmé sa disponibilité à diriger une force de maintien de la paix sur le terrain, mais une fois obtenu l'accord des parties et avec un mandat des Nations unies.

jlv/cab/pt