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06/12/2015 05:59 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

France: l'extrême droite vise un succès historique lors d'élections régionales à l'ombre des attentats

Encore sous le choc des attentats de Paris, les Français votaient dimanche pour des élections régionales, dernier test avant la présidentielle en 2017, dans un scrutin qui devrait confirmer la poussée inexorable de l'extrême droite.

"Il n'y a qu'une chose à faire: voter", a lancé le Premier ministre Manuel Valls aux 44,6 millions d'électeurs en affirmant que le bulletin de vote était "une arme" contre le terrorisme.

Le Parti socialiste au pouvoir est nettement distancé dans les sondages - qui lui prédisent un score de 22 à 23% des voix - par la droite et l'extrême droite, au coude à coude avec 27 à 30% des intentions de vote.

Les premières estimations sont attendues à partir de 19H00 GMT, heure de fermeture des derniers bureaux. Un second tour de scrutin se tiendra dimanche prochain.

Trois semaines après les pires attentats jamais commis en France - 130 morts et des centaines de blessés - les mesures de sécurité ont été renforcées autour des bureaux de vote, dans le cadre de l'état d'urgence. Policiers et militaires en armes patrouillaient notamment les rues de Paris.

Dans le quartier parisien frappé par les jihadistes, nombre d'habitants affichaient leur volonté de voter "de toute façon", "parce que la vie continue".

C'est "un scrutin mal expliqué", lors duquel "les gens ne savent pas trop pour quoi ils votent", a toutefois estimé Laurent Dupin, 36 ans.

Souvent méconnues, les compétences des 13 régions vont de la gestion des lycées aux aides aux entreprises en passant par les transports publics.

Sous l'oeil des caméras, François Hollande a voté à Tulle, ville du centre de la France dont il a longtemps été maire, et son prédécesseur Nicolas Sarkozy, président du parti d'opposition de droite Les Républicains (LR), dans le XVIe arrondissement de Paris.

Tous deux se sont abstenus de toute déclaration.

Promis à une large victoire avant les attentats, le parti LR espère gagner une majorité de régions, mais les intentions de vote en sa faveur se sont érodées au profit du parti d'extrême droite Front national.

Après des percées spectaculaires l'an dernier aux municipales et aux européennes, le FN apparaît en mesure d'emporter au moins deux régions, voire trois, du jamais vu.

Sa présidente, Marine Le Pen, part grande favorite dans le Nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), où elle a appelé en votant "les patriotes" à "se mobiliser". Sa nièce Marion Maréchal-Le Pen est aussi en pole position dans le Sud, en Provence Alpes-Côte d'Azur.

- Faible participation -

Les appels à la "mobilisation générale" se sont multipliés, dans les médias, les milieux économiques ou les syndicats pour convaincre les Français de faire barrage au FN.

A 11H00 GMT, le taux de participation plafonnait toutefois à 16,27%, à peine plus qu'à la même heure en 2010, année où moins d'un électeur sur deux s'était déplacé.

Après ces attaques jihadistes, le parti de Marine Le Pen s'est trouvé conforté dans son discours nationaliste et anti-immigration par la révélation que deux des kamikazes avaient gagné la France après s'être glissés parmi des migrants débarqués en Grèce.

Les derniers sondages placent le FN en tête dans six régions dimanche et estiment que ce parti serait en mesure de se maintenir presque partout au second tour, imposant des triangulaires risquées à ses adversaires.

A l'inverse, les socialistes au pouvoir n'ont pas tiré profit jusqu'ici du spectaculaire regain de popularité de François Hollande, dont la gestion des attentats a reçu un large soutien dans l'opinion.

Le PS, à la tête depuis 2010 de toutes les régions sauf une, pourrait n'en conserver que trois ou quatre. Le parti présidentiel pâtit de l'échec de l'exécutif à juguler le chômage, monté en octobre à 10,2% de la population, son plus haut niveau depuis 1997.

Il souffre aussi de la faiblesse de l'ensemble de la gauche, qui se présente divisée au premier tour, même s'il espère la rassembler au second.

Outre la participation, l'issue du scrutin dépendra beaucoup de l'attitude au second tour du PS et des Républicains dans les régions susceptibles de basculer à l'extrême droite: désistement voire alliance pour tenter de lui barrer la route, ou triangulaires risquant d'assurer sa victoire.

Les élections régionales sont les dernières prévues en France avant la présidentielle de 2017, pour laquelle Marine Le Pen est aussi donnée en tête des intentions de vote au premier tour.

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