NOUVELLES
06/12/2015 13:42 EST | Actualisé 06/12/2016 00:12 EST

Biden en Ukraine pour apporter le soutien de Washington et parler corruption

Le vice-président américain Joe Biden est arrivé dimanche à Kiev pour réaffirmer le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine face à la Russie mais aussi l'encourager à redoubler ses efforts pour combattre la corruption qui continue de ronger le pays.

L'avion du vice-président a atterri à Kiev peu avant minuit heure locale (environ 22H00 GMT), ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il doit rencontrer lundi le président Petro Porochenko et son Premier ministre Arseni Iatseniouk et prononcer mardi un discours au Parlement, pour sa quatrième visite dans cette ex-république soviétique depuis le soulèvement pro-européen du Maïdan. Ce mouvement de protestation a conduit à la fuite du président prorusse Viktor Ianoukovitch et à une crise sans précédent entre l'Ukraine et la Russie voisine.

Ravagée par un conflit avec les séparatistes prorusses qui a fait plus de 8.000 morts dans l'Est, l'Ukraine craint de voir flancher le soutien de ses alliés occidentaux, dont certains cherchent à renouer le dialogue avec Moscou pour résoudre le conflit syrien.

L'un des principaux objectifs du vice-président consistera donc à "envoyer un signal fort de soutien", a indiqué jeudi un haut responsable de l'administration américaine sous le couvert de l'anonymat.

Le responsable a dénoncé une "intervention militaire russe continue" dans la zone de guerre où la Russie est accusée par Kiev et les Occidentaux d'avoir déployé ses troupes et de soutenir militairement les insurgés.

Moscou, qui a par ailleurs annexé la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014, nie farouchement toute implication militaire auprès des séparatistes.

"Même si une bonne partie de l'attention internationale a glissé vers l'implication de la Russie en Syrie (...) nous, les Etats-Unis, n'avons pas oublié l'Ukraine", a assuré le haut responsable américain. "Ce qui se passe au Moyen-Orient n'a pas changé d'un iota notre engagement pour le peuple ukrainien".

Washington a obtenu des assurances de l'Europe sur le maintien des sanctions économiques occidentales imposées en 2014 à la Russie pour son rôle dans la crise en Ukraine jusqu'à ce que Moscou respecte ses engagements dans le processus de paix dans ce pays et "obtienne des séparatistes qu'ils fassent de même", a-t-il encore poursuivi.

- 'Douche froide' -

Malgré une relative accalmie sur le front depuis septembre, le règlement politique n'avance guère et beaucoup en Ukraine craignent que les combats ne reprennent à tout moment.

"Si quelqu'un pense que la Russie s'est arrêtée et que la guerre est finie, ce n'est pas le cas", a lancé vendredi le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. Pour lui, Moscou cherche à "détourner l'attention" de l'Ukraine pour pouvoir "poursuivre son expansion".

Sur le plan intérieur, M. Biden devrait se concentrer sur les problèmes de la lutte contre la corruption.

Presque deux ans après le changement de régime en Ukraine et malgré les promesses de ses nouveaux dirigeants, ce fléau continue de gangréner le pays, sous perfusion financière de l'Occident, et certains vont jusqu'à accuser MM. Porochenko et Iatseniouk de couvrir la corruption de leurs proches.

Les critiques les plus virulentes visent le procureur général Viktor Chokine, considéré comme un homme du président.

Selon le responsable américain, Kiev devait ainsi "réformer le parquet général afin qu'il favorise les efforts anticorruption au lieu de les empêcher".

"La fatigue (des Occidentaux) face à la corruption ukrainienne atteint un niveau critique", a écrit cette semaine sur Faceboook le député pro-présidentiel Serguiï Lechtchenko.

Auteur d'enquêtes remarquées sur la corruption dans son pays, le journaliste, désormais jeune parlementaire, vient de se rendre à Washington et a annoncé une "douche froide pour les corrompus au pouvoir" à Kiev lors du voyage de M. Biden.

L'expert politique Evguen Magda met en garde contre des attentes trop optimistes de cette visite. Une "implication active" de Washington dans les affaires ukrainiennes témoigne surtout de l'incapacité de dirigeants nationaux de mettre en oeuvre les réformes nécessaires sans pression extérieure, souligne-t-il.

bur-ant/gmo/amd