POLITIQUE
04/12/2015 06:12 EST | Actualisé 04/12/2015 06:12 EST

Discours du Trône: dépensier et mince, dit l'opposition (VIDÉO)

« Beaucoup de dépenses, pas beaucoup d'économie. » C'est ainsi que le chef adjoint du Parti conservateur, Denis Lebel, résume ce qui se dégage, à son avis, du discours du Trône du gouvernement libéral.

Justin Trudeau veut grossir le gouvernement et ne propose rien sur les secteurs stratégiques économiques du pays, « qu'on parle d'automobile, d'aérospatial, d'aéronautique, de forêt, de mines », dit M. Lebel. « On fait beaucoup, beaucoup état de comment on va dépenser l'argent, mais comment on va gonfler les coffres de l'État? », s'interroge-t-il.

L'ampleur des déficits à venir inquiète le chef adjoint des conservateurs.

« On va laisser la chance au coureur, on va analyser les faits, mais pour l'instant, c'est inquiétant. »

— Denis Lebel

Par ailleurs, le Parti conservateur ne se réjouit pas nécessairement de la baisse d'impôt annoncée pour la classe moyenne. « Ça dépend comment ça va être présenté », dit-M. Lebel, rappelant que le gouvernement vient d'annoncer qu'il n'y aura pas de péage sur le pont Champlain, ce qui fera perdre au gouvernement environ 3 milliards de dollars.

« Ne nous laissons pas duper », dit la chef par intérim du parti, Rona Ambrose. « Quand on voit les dépenses massives et l'élargissement du gouvernement dans le discours du Trône, il y aura très peu de bénéfices pour les contribuables ».

« Les Canadiens vont réaliser que s'ils reçoivent d'une main, ils seront obligés de donner de l'autre. »

— Rona Ambrose

Le chef adjoint du Parti conservateur s'inquiète aussi pour le respect des différents paliers de gouvernements. « Dans le discours du Trône, on voit aussi beaucoup le gouvernement s'amener dans des compétences provinciales. Le transport en commun est une compétence provinciale, les infrastructures sont possédées à 92-93 % par les villes et les provinces. Les provinces veulent de l'argent, mais comment le gouvernement, lui, va-t-il travailler? Va-t-il transférer l'argent? »

Quant à la question du respect entre parlementaires, l'une des premières idées évoquées dans le discours du Trône, M. Lebel dit qu'il n'a « jamais vu personne sortir en sang de la Chambre des communes », laissant entendre que la préoccupation est peut-être un peu exagérée. « On veut travailler de pair, on veut travailler ensemble, mais il va sûrement y avoir des sujets sur lesquels on va avoir de bonnes discussions. Notre patron, c'est la population canadienne et on veut travailler dans le meilleur intérêt de la population ».

Dans son discours du Trône plus tôt cet après-midi, le gouvernement de Justin Trudeau s'est engagé pour le respect des institutions, la protection de l'environnement, et il a déclaré vouloir bâtir de meilleures relations avec les peuples autochtones. La croissance économique et la réforme électorale étaient aussi au nombre des grandes priorités exposées par le gouverneur général à la lecture du premier discours du Trône du gouvernement Trudeau.

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« Plutôt mince », selon Mulcair

« Il s'agit d'un discours du Trône plutôt mince, c'est ce qu'on constate », dit pour sa part le chef du deuxième parti d'opposition, Thomas Mulcair, qui, lui, relève quand même plusieurs aspects positifs, comme celui d'appliquer toutes les recommandations du rapport de la Commission vérité et réconciliation. Il dit attendre avec impatience le plan du gouvernement à ce sujet.

Le chef néo-démocrate voit aussi comme « un pas dans la bonne direction » le fait que le gouvernement dise clairement que, dorénavant, les fonds publics ne seront plus utilisés à des fins partisanes. « Je salue cette initiative ».

« Aussi, je suis content qu'il dise qu'il n'y aura plus de ces lois omnibus qu'on ne sait pas où ça commence, où ça fini », se console M. Mulcair.

Le chef du Nouveau Parti démocratique se désole toutefois que le discours du Trône n'ait pas fait mention des plans du gouvernement concernant la modification de l'âge de la retraite ou encore l'engagement de ramener la distribution du courrier à domicile.

« Pas un mot non plus sur un projet de loi qui nous a toujours préoccupés en ce qui concerne les droits et libertés. Il a toujours promis qu'il allait faire des modifications au projet de loi C-51, mais on ne trouve rien là-dedans. »

— Thomas Mulcair

Finalement, Thomas Mulcair aurait aussi voulu entendre le gouvernement sur la bonification de l'offre financière aux services de garde pour aider les provinces à ce chapitre.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, s'est de son côté déclaré d'accord sur le principe avec l'ensemble des mesures prononcées par M. Johnston.

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