NOUVELLES
03/12/2015 05:14 EST | Actualisé 03/12/2016 00:12 EST

Lori Berenson, condamnée pour terrorisme, expulsée du Pérou après 20 ans de prison

Lori Berenson, ancienne "guerillera" et seule Américaine impliquée dans le conflit qui a déchiré le Pérou, a été expulsée de ce pays jeudi à l'aube après avoir purgé 20 ans de prison pour terrorisme.

"Tôt ce matin (...), Lori Berenson a été expulsée pour toujours du territoire national (...). Elle a été conduite par des policiers à l'aéroport où elle a pris un vol pour les Etats-Unis", a annoncé l'autorité migratoire péruvienne dans un communiqué.

La New-yorkaise âgée de 46 ans est arrivée mercredi soir à l'aéroport, accompagnée de son fils de 6 ans qu'elle a eu en prison avec un de ses co-détenus, ancien cadre du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA, guévariste), devenu son avocat.

Lori Berenson s'est dirigée vers la salle d'embarquement entourée de caméras, certaines personnes lui criant "terruca" (terrorisme en argot péruvien, ndlr), a constaté l'AFP.

Issue d'une famille aisée d'universitaires, elle s'est prise de passion dans les années 1990 pour l'Amérique latine et ses luttes.

Elle a été condamnée en 1996 à 20 ans de prison au Pérou pour collaboration avec le MRTA, "l'autre" guérilla qui, avec le Sentier Lumineux maoïste, livra bataille à l'Etat, le conflit faisant 70.000 morts ou disparus entre 1980 et 2000.

Après avoir passé 15 ans derrière les barreaux et cinq en liberté conditionnelle, Lori Berenson ne pourra plus revenir au Pérou, selon la loi du pays qui prévoit l'expulsion des étrangers coupables de délits.

"C'est une mesure qui s'applique aux étrangers et une fois qu'ils partent, ils ne peuvent plus jamais revenir au Pérou de manière légale", a déclaré le procureur anti-terrorisme, Milko Ruiz.

L'Américaine, qui a été placée en liberté conditionnelle fin 2010, avait été autorisée par la justice à voyager aux Etats-Unis entre fin 2011 et début 2012, une autorisation qui avait déclenché une polémique au Pérou, dans les milieux militaires et parmi les victimes du conflit.

Mme Berenson a toujours nié avoir participé en personne à un acte de violence, bien qu'ayant épousé la cause du MRTA. Elle devait demeurer au Pérou jusqu'en 2015 pour purger le reste de sa peine.

bur-ljc/mav/jb/tup/sg