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02/12/2015 13:18 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Tusk appelle à contrôler les migrants pendant "18 mois" avant leur entrée dans l'UE

Le président du Conseil européen, Donald Tusk appelle à contrôler les migrants voulant entrer dans l'Union européenne pendant une période pouvant aller jusqu'à "18 mois", dans une interview donnée à six quotidiens européens.

"Si l'on veut contrôler les migrants et les réfugiés, on a besoin de davantage de temps que la minute pour prendre leurs empreintes digitales", a déclaré l'ancien Premier ministre polonais dans cette interview, publiée mercredi soir sur le site internet du Guardian et accordée également au Figaro, à la Stampa, à El Pais, à la Gazeta Wyborcza et au Süddeutsche Zeitung.

"Dans les lois internationales ainsi que dans les lois européennes, il y a cette règle des 18 mois qui correspond au temps dont on a besoin pour contrôler. On peut et on doit retenir les migrants aussi longtemps que les contrôles ne sont pas terminés", a-t-il préconisé.

"Aujourd'hui l'accès à l'Europe est (...) trop aisé", a-t-il également dit.

Il a ajouté que ces contrôles "n'étaient pas seulement une obligation pour les pays frontaliers". "On peut le faire dans beaucoup d'endroits en Europe. Mais nous devons dire très ouvertement que nous allons le faire".

"Nous devons aussi changer d'état d'esprit: cette vague de migration est trop forte pour ne pas être stoppée", a-t-il dit, selon des extraits de l'interview publiés sur le site internet du Figaro.

"Évitons l'hypocrisie: ce n'est plus une question de solidarité internationale, mais un problème de capacités européennes. Les Européens seraient moins réticents si la frontière externe de l'UE était effectivement contrôlée", a-t-il ajouté.

L'Europe doit actuellement faire face à la plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, avec notamment la venue de centaines de milliers de Syriens et Irakiens fuyant les conflits dans leur pays.

Les dirigeants européens et la Turquie se sont mis d'accord dimanche sur un fonds de 3 milliards d'euros pour aider la Turquie, qui accueille à elle seule 2,2 millions de réfugiés syriens, en échange de son engagement à mieux contrôler ses frontières et à coopérer dans la lutte contre les passeurs qui opèrent depuis son rivage.

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