NOUVELLES
02/12/2015 16:04 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Mexique: débat en janvier sur la dépénalisation de la marijuana

Le Mexique va lancer en janvier un débat national sur la dépénalisation de la marijuana, a indiqué mercredi son gouvernement, quelques semaines après que la Cour Suprême eut ouvert la porte à la légalisation.

Si le président Enrique Pena Nieto a réitéré son opposition à la dépénalisation dans un pays déchiré par les violences entre les cartels de drogue, il a indiqué que son gouvernement était disposé à revoir ses lois en fonction des conclusions des débats.

Devant les gouverneurs réunis pour le lancement d'un programme de protection des mineurs, M. Pena Nieto a indiqué que ses enfants lui avaient même demandé: "'Eh papa, cela veut dire qu'on pourra fumer un joint devant toi? J'ai répondu. 'Non, ne vous trompez pas. Un débat s'ouvre'".

"Je suis favorable à ce débat afin que des experts puissent apporter plus de clarté sur ce sujet et la direction à suivre: si nous devons maintenir un système de prohibition ou mettre en place une régulation pour certains usages de la marijuana", a indiqué le président durant son discours.

La Cour Suprême a émis le 4 novembre un jugement historique ouvrant la voie à la légalisation de cette substance en autorisant quatre personnes à cultiver de la marijuana et à l'utiliser à des fins personnelles et récréatives.

Par cette décision, la Cour contraint le gouvernement à envisager une refonte de ses lois en la matière.

Le gouvernement mexicain va lancer début 2016 un site qui publiera des études scientifiques et académiques pour permettre au grand public de se faire une opinion, a indiqué le ministre de l'Intérieur Miguel Angel Osorio Chong.

Une série de débats publics débutera durant la troisième semaine de janvier à laquelle participeront experts médicaux, juristes et membres de la société civile. Cinq débats auront lieu dans différentes régions du pays de janvier à mars.

"Pour être efficace, nous devrons prendre en compte les différentes alternatives, les coûts, les bénéfices et la viabilité de chacune, ainsi que leur impact sur la population", a ajouté le ministre.

Les partisans de la dépénalisation pourraient avancer qu'une telle réforme ferait chuter les revenus des cartels de drogue et réduirait la violence qui a fait des dizaines de milliers de morts dans le pays.

"Je ne pourrai être d'accord (avec cet argument) et penser qu'il sera plus facile de combattre le crime organisé", a cependant souligné M. Pena Nieto.

lth-sem/se/jr