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02/12/2015 15:03 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Le Parlement britannique vote pour des frappes contre l'EI en Syrie

Le Parlement britannique a voté mercredi à une confortable majorité en faveur de frappes aériennes en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI), répondant aux appels de ses alliés après les attentats de Paris.

Le vote a été acquis par 397 voix pour, 223 voix contre, avec une majorité de 174 rendue possible notamment par les voix de 67 députés travaillistes, qui se sont joints aux conservateurs du Premier ministre David Cameron, selon les médias britanniques.

"Le Parlement a pris la bonne décision pour préserver la sécurité du pays --l'action militaire en Syrie fait partie d'une stratégie plus large", s'est félicité M. Cameron sur twitter.

Le président américain Barack Obama, qui dirige la coalition alliée en Syrie, a salué le vote. "Depuis le début de la campagne anti-EI, le Royaume-Uni a été l'un de nos partenaires les plus précieux", a-t-il assuré dans un communiqué, soulignant que les Etats-Unis attendent avec impatience que les forces aériennes britanniques se joignent aux opérations en Syrie.

Le vote s'est déroulé après plus de dix heures d'un débat passionné, dans une chambre bondée. David Cameron avait ouvert le débat à 11H30 GMT en plaidant pour que le pays prenne ses responsabilités et soutienne ses alliés, en particulier la France, sous le choc des attentats à Paris qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

"Nous devons répondre à l'appel de nos alliés. L'action que nous proposons est légale, nécessaire et c'est la bonne chose à faire pour la sécurité de notre pays", a-t-il martelé. Selon lui, la contribution militaire du pays pourrait "faire une vraie différence", grâce à l'utilisation de missiles Brimstone notamment.

Le parlement britannique avait une première fois rejeté, en 2013, des frappes aériennes contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie, échaudé par les opérations en Afghanistan et en Irak en 2003 lancées sous l'ex Premier ministre travailliste Tony Blair.

"Nous ne sommes pas en 2003. Nous ne devons pas utiliser les erreurs du passé comme excuse à l'indifférence et à l'inaction", a plaidé David Cameron.

Le leader pacifiste du Labour Jeremy Corbyn, bien qu'opposé aux frappes, avait décidé de ne pas imposer de consigne de vote pour éviter une rébellion ouverte de ses troupes, dont plus d'un quart a finalement voté pour cette intervention.

Selon le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond, interrogé sur Channel 4, les frappes devraient intervenir "très rapidement (...) probablement pas ce soir, mais peut-être dès demain soir", les avions britanniques effectuant déjà des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie.

- 'Importance symbolique' -

Le débat s'est déroulé dans une ambiance houleuse et passionnée, alors que David Cameron avait taxé la veille les opposants aux frappes de "sympathisants terroristes". Plusieurs députés lui ont demandé de présenter des excuses pour ce commentaire, ce à quoi il s'est refusé.

Le soutien de l'opinion publique, fort au lendemain des attentats meurtriers à Paris, est en recul: d'après un sondage de l'institut YouGov, publié mercredi, 48% des sondés soutiennent une intervention en Syrie, contre 59% une semaine auparavant.

"Ne bombardez pas la Syrie!" "Nous voulons la paix!", ont scandé quelque 2.000 manifestants présents devant le Parlement jusqu'au vote tard dans la soirée, et qui ont hué son résultat.

En début de soirée, quelque 200 d'entre eux s'étaient allongés par terre devant le Parlement, bloquant toute une rue, pour une action censée simuler la mort de civils sous les bombes britanniques.

Jeremy Corbyn a accusé le gouvernement de précipiter le vote avant que l'opinion publique ne se retourne complètement. "Étendre les frappes aériennes britanniques ne va probablement pas faire de différence", a-t-il estimé, mettant en doute leur légalité et craignant qu'elles provoquent surtout des pertes civiles.

La Grande-Bretagne dispose déjà de 8 Tornados GR4 basés à Chypre et d'un nombre indéfini de drones qui participent à des frappes en Irak depuis l'an dernier.

La décision des frappes ne fait pas l'unanimité dans le pays, et même le quotidien conservateur The Times publiait jeudi un éditorial de Matthew Parris relevant amèrement que la seule justification donnée était "que la Grande-Bretagne ne doit pas rester de côté", sans tirer les leçons de l'Irak et la Libye, où une victoire militaire a été suivie du chaos par manque de préparation sur l'après intervention.

Pour Malcolm Chalmers, directeur de recherche à l'institut RUSI, "la volonté de se déployer va calmer les craintes que (le Royaume-Uni) n'est pas un partenaire fiable". Mais si "une participation aux frappes sera importante symboliquement et utile opérationnellement, elle ne changera pas le cours de la guerre".

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