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02/12/2015 09:41 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Le correspondant du Washington Post emprisonné en Iran depuis 500 jours

Le correspondant du Washington Post en Iran, Jason Rezaian, arrêté en juillet 2014 pour "espionnage" et condamné à une peine de prison, a passé mercredi son 500e jour derrière les barreaux, où sa santé se dégrade, a rapporté le quotidien américain qui réclame sa libération.

Le journal estime que son procès a été une imposture et a porté son cas devant le groupe de travail des Nations unies sur les détentions arbitraires (United Nations Working Group on Arbitrary Detention).

"Jason n'a rien fait de mal. L'Iran ne s'est même pas soucié de fournir une preuve quelconque contre lui", a estimé le directeur de l'information du journal, Martin Baron, dans un communiqué.

"Les récentes annonces, sans détails, de ses supposées +condamnation+ et +peine+ n'ont fait que rajouter de la cruauté", a-t-il ajouté.

"De hauts responsables iraniens disent depuis des mois qu'ils aimeraient régler le cas de Jason. Mais le fait que Jason soit toujours derrière les barreaux met en doute leur crédibilité et leur implication", a encore noté M. Baron.

Pour marquer ses 500 jours en prison, le journal a transmis de nouvelles informations au groupe de travail de l'ONU, affirmant que la santé du journaliste irano-américain se détériorait en raison des conditions de son incarcération et de "violations flagrantes" de la procédure durant son procès.

"Il souffre de complications dues à sa tension artérielle et à d'autres maux physiques et mentaux qui ne sont pas traités ou mal traités", indique le journal dans son rapport à l'ONU. "Il a été soumis à plusieurs interrogatoires, a été victime d'agressions psychologiques et de mauvais traitements physiques".

Le journaliste est en outre "privé d'interactions humaines normales, forcé de porter une capuche quand il est escorté dans la prison".

Arrêté en juillet 2014 à son domicile de Téhéran, Jason Rezaian travaillait comme correspondant du Washington Post depuis deux ans. Il a été accusé d'"espionnage" et de "collaboration avec des gouvernements hostiles". Il a été condamné à une "peine de prison", dont la longueur n'a pas été spécifiée, par le tribunal révolutionnaire de Téhéran qui juge les dossiers politiques ou touchant à la sécurité nationale.

Fin septembre, le président iranien Hassan Rohani avait déclaré que son pays était prêt à un échange de prisonniers avec Washington. Mais un responsable iranien avait par la suite rejeté cette idée.

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