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02/12/2015 09:13 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

La Grèce dément être menacée par l'UE d'une sortie de l'espace Schengen

La Grèce a nié mercredi que l'UE envisage de l'exclure de la zone de libre circulation Schengen pour sa mauvaise gestion des flux de réfugiés, rejetant vivement des "contre-vérités" relayées selon elle par un article du Financial Times.

"Dans le cadre de l'UE, la question d'une sortie de la Grèce des accords de Schengen n'a jamais été posée", a affirmé la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili. "Malgré cela, des articles mensongers à ce sujet sont reproduits, dans une tentative de rejeter des responsabilités sur la Grèce pour la gestion des flux de réfugiés et migrants", a-t-elle dit.

La porte-parole réagissait, après le ministre à la politique migratoire Iannis Mouzalas, à un article publié mercredi par le Financial Times.

Citant des sources européennes anonymes, le FT affirme que l'UE a mis en garde la Grèce contre le risque d'une suspension de la zone Schengen de libre circulation si elle ne prenait pas de mesures supplémentaires pour renforcer le contrôle de ses frontières.

Plusieurs sources européennes à Bruxelles ont réfuté mercredi à l'AFP que de telles menaces aient été adressées à Athènes par les institutions de l'UE.

"Ce sont des idées qui circulent dans les couloirs bruxellois", comme celle évoquée récemment par le président de l'Eurogroupe d'un "mini-Schengen", a commenté une source diplomatique. "Mais on n'en est pas encore là", et "le principe de Schengen, c'est de marcher en avant, pas de revenir en arrière", a ajouté cette source.

"Il y a de plus en plus d'impatience de la part de certains Etats membres contre la Grèce", a confirmé une source européenne, "mais ce ne sont pas les Grecs et les Italiens qui font que les +hotspots+ (lieux d'accueil des réfugiés: ndlr) ne marchent pas", a-t-elle poursuivi.

"Tant que certains Etats du nord ne disent pas qu'ils ne prendront que des gens qui passent par les +hotspots+, c'est un signal pour ceux qui marchent", c'est-à-dire les migrants refusant de s'enregistrer en Grèce notamment, a ajouté cette source.

- 'Cercles européens' -

"La Grèce remplit, malgré de grandes difficultés, ses obligations européennes" en la matière, a affirmé la porte-parole du gouvernement grec, avançant que cela avait été "clairement reconnu" lors d'une réunion en marge du sommet UE-Turquie dimanche.

Elle a accusé des "cercles européens" qui "croient que l'avenir de l'Europe peut se construire avec des réflexes phobiques, des clôtures et des exclusions" d'alimenter "ces derniers jours un climat hostile envers la Grèce avec l'inacceptable menace" d'une expulsion de l'espace Schengen.

Dans son édition publiée mercredi après-midi à Paris, le journal français Le Monde a toutefois fait état d'une mise en garde du même type, assurant que "la Grèce risque la sortie de Schengen". Selon le journal, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker "a mis en garde le Premier ministre grec Alexis Tsipras".

La Hongrie et la Slovaquie notamment s'en sont récemment publiquement prises à Athènes, accusée de ne pas garantir la protection des frontières extérieures de l'UE.

M. Mouzalas avait auparavant dénoncé des critiques émanant des "Etats-membres qui croient à tort que le flux de réfugiés peut être contrôlé par la Grèce".

Il a appelé l'UE à plutôt faire pression sur la Turquie, qui est "la porte" des flux vers l'Europe. "Si les flux ne sont pas contrôlés à partir des côtes turques, il est impossible que la Grèce, ou un quelconque membre de l'UE, puisse contrôler ces flux", a-t-il ajouté.

Selon le FT, les partenaires d'Athènes lui reprochent notamment de ne pas accepter le déploiement d'une mission spéciale de l'Agence européenne Frontex à sa frontière nord avec la Macédoine, au début de la route des Balkans vers l'Europe centrale et du nord.

La Grèce coopère avec Frontex pour la surveillance de ses frontières maritimes et le sauvetage en mer des migrants empruntant la route égéenne, mais insiste sur le fait que la garde de ses frontières relève de sa seule souveraineté.

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