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02/12/2015 02:51 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

La Chine suffoque alors que l'avenir climatique de la planète est débattu à Paris

Alors que la conférence de Paris bat son plein, la Chine, le plus important pollueur de la planète, est depuis la fin de semaine en alerte orange en raison d'une pollution record dans le nord du pays. 

La pollution est tellement extrême en ce moment que le nombre de particules toxiques dans l'air (PM 2,5) a frôlé les 600 dans Pékin, ce qui est 24 fois supérieur au maximum recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Plusieurs écoles ont décidé en conséquence de suspendre leurs activités extérieures.

Les services de protection de l'environnement de Pékin ont déclaré dimanche avoir demandé aux usines de limiter ou de suspendre leur production et les travaux de construction ont été arrêtés dans l'ensemble de la ville. 23 villes d'importance sont touchées par l'immense nuage de smog. Celui-ci couvre une superficie de 530.000 km2, soit l'équivalent du tiers du Québec.

Malgré tous les efforts de la population, il est difficile pour les Chinois de se protéger lors d'une telle vague de pollution. L'odeur des milliers de tonnes de charbons brûlées par les centrales électriques et les usines est présente partout, y compris à l'intérieur des résidences et des lieux de travail.

La visiblité est nulle, même en plein jour, comme en témoigne cette photo, prise à 14 heures. C'est que le froid qui règne oblige les centrales au charbon de la province du Hebei à redoubler d'efforts, alors que l'absence de vent du Nord et l'humidité ambiante empêchent toute dispersion des polluants.

Malgré la tristesse de la scène, certains Chinois gardent leur humour intact. Un internaute a commenté sur Weibo, un site de réseau social chinois, que ''la COP21 devrait se tenir à Pékin et personne ne devrait pouvoir partir sans avoir signé l'accord". La Chine a pris l'engagement d'atteindre un pic de ses émissions en 2030, ce qui suppose que le pire n'a pas encore été atteint.

Signe encourageant, pour la première fois de l'histoire, le président chinois Xi Jinping se dit ouvert à un mécanisme contraignant de réduction de gaz à effet de serre pour son pays.

Mais selon plusieurs experts, la véritable question est de savoir si l'on peut faire confiance à la Chine et aux données transmises par le régime communiste. De nouveaux chiffres montrent d'ailleurs que le gouvernement à sous-évalué sa consommation de charbon de 17 % au cours des dernières années. Un écart gigantesque de 600 millions de tonnes alors que Pékin dit vouloir être un joueur clé lors de la conférence de Paris.