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02/12/2015 05:35 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

L'Otan veut réanimer une instance de dialogue avec la Russie

L'Otan va tenter de réanimer un organe de consultation avec la Russie en sommeil depuis dix-huit mois en raison de la crise en Ukraine, à la demande de l'Allemagne qui veut relancer le dialogue.

"Je vais explorer maintenant la façon dont on peut utiliser le Conseil Otan-Russie comme un outil d'engagement politique", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, après une réunion ministérielle de l'Alliance qui s'est terminée mercredi à Bruxelles.

"Je ferai cela avec les ambassadeurs" des 28 pays de l'Alliance, a ajouté M. Stoltenberg devant la presse.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a expliqué avoir "poussé (les Alliés) à regarder les moyens de réduire les risques et d'échanger des informations avec la Russie".

"Nous avons des expériences très divergentes avec la Russie", a souligné M. Steinmeier, avec d'une part la mise en oeuvre "difficile" des accords de Minsk et des violations du cessez-le-feu en Ukraine, et d'autre part une attitude "constructive" de Moscou en faveur d'un règlement politique du conflit syrien.

"Le Conseil Otan-Russie ne devrait pas rester inutilisé indéfiniment", a-t-il plaidé.

Les relations entre l'Otan et la Russie se sont considérablement dégradées depuis le début de la crise ukrainienne fin 2013.

Après l'annexion de la Crimée en mars 2014 et le début de l'offensive des rebelles pro-russes dans l'Est de l'Ukraine, l'Alliance a suspendu toute coopération pratique avec Moscou mais elle a toujours assuré que les canaux du dialogue politique restaient ouverts.

Toutefois, les tensions ont été telles qu'aucune réunion du Conseil Otan-Russie n'a eu lieu depuis juin 2014.

Les Etats-Unis, qui étaient jusqu'ici opposés à la réunion de cette instance de dialogue, se sont rangés derrière la proposition allemande, entraînant avec eux "tous les Alliés d'Europe occidentale" et faisant plier les pays de l'Est, a rapporté à l'AFP un diplomate.

Les Alliés ont aussi répété leurs mises en garde à la Russie, accusée de soutenir les rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine. "Le risque d'une reprise de la violence est toujours là" malgré "quelques progrès" dans la mise en oeuvre des accords de Minsk, a estimé M. Stoltenberg mercredi.

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