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02/12/2015 01:02 EST | Actualisé 03/12/2015 06:02 EST

Controverse à Outremont autour de nouveaux lieux de culte (VIDÉO)

Un projet de règlement visant à interdire l'ouverture de nouveaux lieux de culte sur des artères commerciales de l'arrondissement Outremont divise la population et le conseil d'arrondissement montréalais. Quelque 260 citoyens ont participé à une soirée de consultation sur le sujet, mardi, à Outremont.

L'arrondissement veut empêcher l'installation de nouveaux lieux de culte sur les rues Bernard et Laurier, où la communauté juive hassidique souhaite ouvrir de nouvelles synagogues.

La mairesse de l'arrondissement, Marie Cinq-Mars, a expliqué, en entrevue à ICI Radio-Canada Première, que les lieux de cultes nuisent au commerce en raison de l'achalandage qu'ils entraînent. « Nous avons fait la même chose sur Van Horne », explique Mme Cinq-Mars, précisant que la cohabitation entre des immeubles commerciaux et résidentiels était problématique avant que l'arrondissement ne légifère.

« Est-ce que les lieux de culte nuisent aux artères commerciales? », demande la conseillère de l'opposition officielle au conseil d'arrondissement d'Outremont, Mindy Pollack. « Il n'y a aucune étude pour le prouver », poursuit-elle.

Une citoyenne, Ginette Chartré, estime quant à elle que la présence d'un lieu de culte au milieu des restaurants et du cinéma Outremont aura un impact négatif sur l'affluence dans ces commerces.

L'arrondissement souhaite contourner le problème en attribuant un autre endroit à la communauté juive hassidique pour ériger son lieu de culte. Il s'agit d'un terrain adossé à la gare de triage où devrait être construit un pavillon de l'Université de Montréal.

Religion, langue et intégration

La soirée de consultation, qui a attiré 260 citoyens, a toutefois dévié sur des questions de cohabitation et d'intégration. « Ces situations de tenter de nous mettre dans un coin, c'est comme si on voulait nous dire : "On vous aime, on vous veut, mais surtout on ne veut pas vous voir" », déplore un membre de la communauté hassidique, Israël Cremisi.

« Ce sont eux qui nous discriminent, je ne peux pas aller dans les synagogues, a déploré Mme Chartré. Ce sont eux qui ne veulent pas venir dans nos écoles. »

La question de la langue a également été évoquée. « Il y a eu environ une heure de débats en anglais alors qu'on est dans un arrondissement francophone », a dénoncé un autre citoyen, Mario Lamontagne. « Alors, moi je veux bien la tolérance, l'ouverture, l'intégration, le vivre ensemble. Mais la tolérance pour qui? »

Le débat menace maintenant de prendre une tournure juridique, puisqu'un membre de la communauté juive a évoqué la possibilité de recourir aux tribunaux pour forcer l'arrondissement à lui accorder un lieu de culte sur la rue Bernard ou sur Laurier.

« Si la Ville veut aller de l'avant, j'ai l'impression que ça va se retrouver à la Cour suprême dans quelques années, a indiqué Marc Abergel. Ça va coûter aux gens d'Outremont beaucoup de milliers de dollars en frais d'avocats pour sûrement, en fin de compte, le résultat de :''non ça marche pas, trouvez une meilleure solution''. »

Selon les données de 2011 du profil sociodémographique de l'arrondissement Outremont, 19,3 % de la population se déclare de religion juive.

Avec les informations de Normand Grondin

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