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02/12/2015 00:59 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Chantage à la sex-tape - Benzema plaide le "malentendu" en attendant de s'expliquer publiquement

"Un gros malentendu": c'est la ligne de défense de Karim Benzema dans l'affaire du chantage à la sex-tape contre Mathieu Valbuena selon son audition devant la juge, qui préfigure sans doute la première prise de parole de l'international français, mercredi au journal de 20h00 de TF1.

"Je pense que c'est un gros malentendu. Ce n'était que de l'aide, je n'avais rien d'autre derrière la tête, (pas) de chantage ou d'argent", a assuré la star du Real Madrid à la juge Nathalie Boutard le 5 novembre, selon la retranscription de l'audition publiée par le quotidien Le Monde mercredi matin, quelques heures avant la première prise de parole publique du joueur.

Son interview à la chaîne de télévision TF1 a été enregistrée à l'avance et est très attendue: sur le plan judiciaire, Benzema a été mis en examen par la juge, et sur le plan sportif, il risque lourd également. Un gros doute plane sur sa présence en 2016 au sein des Bleus pour l'Euro organisé en France (10 juin-10 juillet).

"S'il n'est pas exemplaire, il n'a pas sa place en équipe de France", a asséné mardi le Premier ministre Manuel Valls. "Est-ce le supporteur du Barça ou le Premier ministre qui s'est exprimé sur un joueur phare du Real Madrid?", a pesté l'un des avocats de Benzema, Me Alain Jakubowicz, mercredi dans le quotidien Le Parisien.

L'avocat a indiqué à la radio RTL qu'il allait "déposer plainte" pour violation du secret de l'instruction après la publication par Le Monde des déclarations de son client à la juge, dont il estime par ailleurs qu'elles sont "plutôt bonnes" pour sa défense.

- 'Benzema souhaitera s'excuser' -

"Quand j'en ai parlé au téléphone (avec Karim Zenati, son ami d'enfance, écroué dans cette affaire, ndlr), on rigolait, on n'a pas pris l'ampleur du truc", assure Benzema à la juge, qui l'interroge sur des conversations révélées par les écoutes téléphoniques dans lesquelles Benzema se moque de Valbuena.

"De l'argent, j'en ai. Je n'en ai pas besoin. Karim (Zenati) non plus. Je lui en donne de l'argent, il est employé dans ma société. Après, au téléphone, on a abusé, je m'en veux de parler de cette manière", avance encore l'attaquant des Bleus.

Dans Le Parisien, Me Jakubowicz dévoile un peu ce que son client devrait dire sur TF1: "Je pense que Karim Benzema souhaitera s'excuser (...) auprès de Mathieu Valbuena" pour ces "propos peu amicaux" lors "de cette conversation téléphonique avec Karim Zenati".

Lors de son interrogatoire, Benzema avoue ne pas avoir vu la fameuse vidéo intime, dont l'existence même est sujette à caution.

Quand la juge demande pourquoi il dit à Valbuena qu'il l'a vue, Benzema répond: "Franchement je ne sais pas pourquoi (...) La vidéo, je ne l'ai pas vue. Comme Karim (Zenati) m'a dit que c'était une vidéo sérieuse (...) je me suis fait un film".

Benzema "pense" en revanche que Zenati "l'a vue".

- Un 'coussin Vuitton' et un 'tarlouze' amical -

Comment tout cela a-t-il commencé? Le joueur explique qu'il déjeunait à Madrid avec Zenati quand "une personne est venue" lui "remettre un coussin Louis Vuitton": "Il m'offre le coussin. Je ne le connais pas. Il dit qu'il existe une vidéo sur Mathieu Valbuena, une vidéo chaude. Je lui ai dit: +Arrête-toi tout de suite, je ne veux pas en entendre parler+. Cette personne est restée, on a continué à manger et après on s'est séparés".

Devant la juge, intriguée, Benzema ajoute: "Je ne l'ai pas invité, il est venu de lui-même, il connaît Karim (Zenati). Ensuite, je n'ai pas eu d'autres contacts avec cette personne".

Benzema, interrogé sur le terme "tarlouze" utilisé au sujet de Valbuena lors d'un échange téléphonique, se justifie ainsi: "+Tarlouze+, on peut le dire à tout le monde, à ses amis, à ses potes. Pour moi, pour la nouvelle génération, c'est amical. Ce n'est pas une question d'être inquiet ou je ne sais pas quoi, c'est juste énervé" de voir son nom cité dans ce dossier.

Au-delà de ses développements judiciaires et sportifs, l'affaire a donné lieu à une passe d'armes politique mercredi matin. L'ancien président Nicolas Sarkozy a critiqué sur la radio Europe 1 la prise de position de Manuel Valls: "Tout le monde parle de choses qu'il ne connaît pas, qui théoriquement sont couvertes par le secret de l'instruction. On accuse, on dénonce, on démolit, on reproche. M. Valls se pose en statue de l'exemplarité".

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